mardi 12 décembre 2017

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Des drones dans le ciel de Liverpool

Cyril Fievet, News.fr

mardi 29 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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La police de la ville britannique teste pendant trois mois des hélicoptères sans pilote pour lutter contre la criminalité. Maniable, polyvalent, l’hélico-robot semble adapté pour effectuer diverses missions de sécurité.

À Liverpool, il est surnommé "Little Brother". Utilisé à des fins de surveillance, cet hélicoptère miniature sans pilote doté de quatre rotors embarque caméras et appareils photo. Simon Byrne, chef-assistant de la police locale, explique au journal anglais "The Guardian" que le drone servira surtout à « détecter les comportements antisociaux » et « rassembler des preuves permettant de traduire en justice les contrevenants ».

Le Microdrone suscite la controverse au Royaume-Uni, le pays européen où l’on dénombre le plus grand nombre de caméras publiques de surveillance. Outre les considérations liées au respect de la vie privée, certains soulignent la dangerosité de la généralisation d’engins certes légers, mais pouvant voler à une altitude de 500 mètres. Paul Parkinson, architecte système anglais, spécialisé dans l’aérospatiale et la défense, souligne que « malgré ses impressionnantes capacités techniques », le Microdrone, susceptible d’endommager des installations ou de blesser des personnes en cas de chute, « pose un certain nombre de problèmes de sécurité dans des zones urbaines à forte densité ».

Jouet volant non identifié

Curieusement, le Microdrone, conçu par une entreprise allemande, ne se heurte à aucune limitation en matière de sécurité aérienne. Bien que déjà utilisé à des fins militaires, cette "caméra espion volante" est considérée, en termes de classification technique, comme... un simple jouet. Les autorités anglaises, qui s’avouent « excitées par le potentiel de l’engin » ont donc en principe toute latitude pour en généraliser l’usage. Ce que conteste notamment Paul Parkinson, soulignant que l’utilisation d’un tel appareil à des fins de surveillance policière l’exclut de facto de la législation régulant l’usage des modèles réduits de passionnés.

Les hélicoptères robotisés ne sont pas nouveaux. Des modèles d’engins volants, utilisant des pales rotatives, de toutes tailles, télécommandés ou partiellement autonomes, sont au point depuis plusieurs années. Par rapport aux avions sans pilote, plus anciens, les engins utilisant le principe de l’hélicoptère présentent l’avantage du vol stationnaire et de la maniabilité.

Chez les militaires, on est aussi séduit par ces atouts. Dans le courant du mois de mai, la société américaine Northrop Grumman annonçait avoir effectué avec succès un nouveau test du "MQ-8B Fire Scout". Ce prototype très avancé d’hélicoptère sans pilote, se destine à un usage militaire tactique. Pouvant embarquer de multiples armements, il peut être manoeuvré à 300 km de distance. Adapté à partir d’un modèle commercial d’hélicoptère traditionnel, ce "Fire Scout" bardé de capteurs peut voler entre 5 et 8 heures et effectuer des missions semi-automatisées, comme la détection d’engins enfouis dans le sol ou la désignation et la poursuite automatique de cibles. Au moins 12 exemplaires, à un coût unitaire estimé entre 10 et 15 millions de dollars, seraient en production. Ils pourraient entrer en service dès 2010.

En France, c’est la SNCF qui se met aux commandes du drone hélicoptère. L’entreprise mène des tests de surveillance de ballast et de remblais à l’aide de ce type d’engin. Son département Recherche travaille à la mise au point d’un appareil adapté à ses infrastructures qui devrait voir le jour au premier trimestre 2008.


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