mardi 24 octobre 2017

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Un réseau d’al-Qaida à Alger démantelé

Thierry Oberlé, le Figaro

mercredi 30 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Les autorités affirment avoir neutralisé le groupe à l’origine des attentats du 11 avril.

LES AUTORITÉS algériennes ont fini par mettre hors d’état de nuire le groupe impliqué dans les attaques terroristes d’Alger du 11 avril (30 morts et plus de 220 blessés). « L’essentiel du réseau à l’origine de ces attentats a été démantelé », a affirmé lundi soir le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni. Les arrestations font suite à l’interpellation, quinze jours après les explosions simultanées au Palais du gouvernement et au commissariat de la périphérie d’Alger, d’un des responsables de la cellule logistique du groupe qui était filé par les enquêteurs. La cellule de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le djihad (GSPC), devenu al-Qaida dans le Maghreb islamique, serait également, selon le ministre de l’Intérieur, mêlé à des attentats à la bombe et à la voiture piégée commis en février dans la région de Boumerdès et de Tizi Ouzou.

Le coup de filet ne met pas fin pour autant aux menaces exercées par al-Qaida au Maghreb. Elles témoignent des difficultés des forces de sécurité, qui ont du mal à s’adapter à des méthodes terroristes portant la griffe d’al-Qaida. « Le contre-terrorisme était en mesure ces dernières années d’anticiper les coups grâce à sa connaissance de l’environnement islamiste. Ce n’est plus le cas », confie un expert algérien. « La durée de vie d’un groupe terroriste était à Alger de quelques heures à quelques jours. Elle est passée de quelques semaines à plusieurs mois », poursuit-il.

Bombes roulantes

Ce désarroi s’était traduit au lendemain des attaques d’Alger par des déclarations malheureuses de Yazid Zerhouni. Selon ce dernier, les attentats avaient été commis par des jeunes gens devenus kamikazes « à leur insu ». Les testaments vidéo filmés par al-Qaida ont par la suite confirmé que les auteurs des attaques étaient candidats au sacrifice suprême. Les chauffeurs des bombes roulantes étaient issus d’un bidonville du quartier algérois de Kouba. Ils appartiennent à une nouvelle génération fascinée par les combats des insurgés en Irak. Leurs mentors sont en revanche des vétérans des maquis algériens passés par les Groupes islamiques armés (GIA), le GSPC, avant d’incarner al-Qaida au Maghreb. Ils ont écarté de leurs rangs la vieille garde islamiste qui établissait une distinction entre les représentants du pouvoir et la population musulmane. Représentée par Hassan Hattab, cette ligne est aujourd’hui dépassée.

Pour Abdelmalek Droudkel, alias Abou Moussab abd al-Oyadoud, le chef d’al-Qaida au Maghreb, chaque civil qui s’approche ou entretient des relations avec les autorités est un renégat, un mécréant qu’il est permis de supprimer. Son organisation compte plusieurs centaines de membres réfugiés dans des maquis montagneux, principalement en Kabylie.

Hier, un ingénieur égyptien a été enlevé par trois faux policiers dans cette région déshéritée touchée par une insécurité galopante. Devenus monnaie courante, les kidnappings seraient le fait de bandes criminelles ou de groupes politico-mafieux cherchant à obtenir des rançons. Dénués de soutien idéologique dans ces fiefs kabyles cultivant l’irrédentisme, al-Qaida au Maghreb est parvenu à trouver refuge dans des grottes ou d’anciennes casemates en profitant de la déliquescence sociale.


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