mercredi 18 octobre 2017

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Les bisbilles franco-allemandes compliquent la relance du projet Galileo

Philippe Ricard, le Monde

vendredi 1er juin 2007, sélectionné par Spyworld

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La rivalité franco-allemande dans le domaine spatial complique la remise à plat du système européen de radionavigation par satellite Galileo.

Certes, les Vingt-Sept devraient convenir, vendredi 8 juin, lors d’un conseil dédié aux transports, de financer sur fonds publics les trente satellites de la constellation pour un surcoût évalué à 2,4 milliards d’euros. Mais ils divergent sur la meilleure façon de procéder. Et c’est l’Allemagne qui rechigne le plus à augmenter le budget européen lié au projet, contre l’avis du commissaire européen aux transports, le Français Jacques Barrot, qui a le soutien de Paris.

Plutôt qu’un recours aux fonds communautaires, Berlin propose d’augmenter les sommes allouées par chaque capitale à l’Agence spatiale européenne. Même l’intervention de Nicolas Sarkozy n’aurait pas suffi, à ce stade, à convaincre la chancelière allemande, Angela Merkel. "La méfiance entre Berlin et Paris est en grande partie à l’origine de ces complications", regrette un responsable européen.

"A l’occasion de la remise à plat, les Allemands craignent de ne pas pouvoir bénéficier des retombées qu’ils espéraient, analyse un expert du secteur. Ils ont peur que les Français n’en profitent pour augmenter leur avance dans le secteur des satellites."

De fait, trois des principaux acteurs de Galileo, les français Thales et Alcatel et leur allié italien Finmeccanica, cherchent à tirer parti de la refonte en cours pour mettre en cause la répartition des tâches négociée de haute lutte avec leur grand rival EADS. Ce que refuse Berlin, qui exige le respect des accords passés lors du lancement de Galileo.

Les réticences allemandes sont jugées d’autant plus fortes à Bruxelles qu’elles surviennent après une série de malentendus industriels entre Paris et Berlin. "La crise au sein d’EADS laisse des traces", regrette un proche de M. Barrot. Le commissaire français s’est rendu voilà une semaine à Berlin pour tenter de convaincre son homologue allemand, Wolfgang Tiefensee.

"Il ne faut pas avoir une vision à court terme en matière de retombées : l’essentiel est de lancer la constellation, ensuite tout le monde bénéficiera des applications", répète le commissaire, sans grand espoir toutefois d’obtenir un compromis sur les modalités de financement de Galileo avant l’automne.


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