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Andreï Lougovoï accuse le MI-6 d’être derrière la mort de Litvinenko

Marie Jégo, le Monde

vendredi 1er juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Soupçonné par la justice britannique d’avoir empoisonné à Londres l’ex-agent des services russes de sécurité (FSB) Alexandre Litvinenko, Andreï Lougovoï a accusé, jeudi 31 mai, les services secrets britanniques d’être à l’origine de cet assassinat.

Lors d’une conférence de presse organisée sous haute protection dans les locaux de l’agence Interfax à Moscou, l’ancien agent du FSB reconverti dans les affaires a proposé sa propre version des faits à la presse venue en nombre l’écouter. Chemise rayée et cravate rose, apparemment détendu, Andreï Lougovoï a lu au micro un texte de plusieurs pages imprimées. "Les médias ont déclenché une vraie guerre contre la Russie et contre moi-même", a déclaré d’emblée cet ancien membre du 9e bureau du KGB (l’ancêtre du FSB), spécialisé dans la protection rapprochée des apparatchiks.

Il était flanqué de son ami d’enfance Dimitri Kovtoun, un ancien militaire qui, à l’automne 2006, a laissé des traces de polonium 210, une matière radioactive rare, partout dans la ville allemande de Hambourg avant de rencontrer Alexandre Litvinenko à Londres. Deux semaines après cette rencontre, Alexandre Litvinenko décédait des suites d’une ingestion de polonium 210.

L’enquête menée par Scotland Yard a conclu à l’implication d’Andreï Lougovoï dans l’empoisonnement. Son extradition a été réclamée le 22 mai au parquet russe, qui la refuse. Dimitri Kovtoun, actuellement sous le coup d’une enquête de la police allemande pour transport de matières illicites, dit ne pas savoir ce qui lui est reproché.

UNE AFFAIRE "CRIMINELLE"

Niant toute implication, Andreï Lougovoï a rejeté la responsabilité de l’empoisonnement sur les services secrets britanniques et sur Boris Berezovski, le milliardaire russe exilé à Londres depuis sa disgrâce moscovite, décrit par Lougovoï comme un espion à la solde des Britanniques du MI-6. "Si ce ne sont pas les services spéciaux (qui ont tué Alexandre Litvinenko), alors, cela s’est fait sous leur contrôle ou avec leur complaisance", a-t-il affirmé.

Selon lui, Alexandre Litvinenko, lui aussi enrôlé par le MI-6, avait essayé de le recruter. "On a commencé à vouloir m’engager de façon ouverte en qualité d’agent du renseignement britannique. Les Anglais m’ont proposé de rassembler des documents compromettants sur le président Poutine et sur sa famille", a affirmé Andreï Lougovoï, précisant qu’"un téléphone portable" lui avait été remis à Londres à cet effet. A la suite de ces déclarations, le Foreign Office a tenu à rappeler que le dossier Litvinenko est une affaire "criminelle", pas "un problème d’espionnage".

Le Russe Andreï Lougovoï à Moscou, le 31 mai 2007. - AP/ALEXANDER ZEMLIANICHENKO


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