jeudi 14 décembre 2017

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Un fonds d’investissement chinois se lance à la conquête des marchés internationaux

Le Monde

mardi 5 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Le rachat par la Chine de 9,7 % du puissant fonds d’investissement américain Blackstone, en mai, était la première acquisition d’un tout nouveau fonds d’investissement public chinois, chargé d’investir ses gigantesques réserves de change dans des placements plus rentables. S’il n’est pas encore officiellement créé, cet organisme, qui pourrait prendre le nom de "société de mise en commun des réserves de change", selon le quotidien Les Echos du lundi 4 juin, sera de facto détenteur de cette participation, et compte bien multiplier ce genre d’acquisitions dans le futur.

En effet, l’achat de Blackstone et la création de cet organisme marquent un tournant dans la façon dont le géant asiatique gère ses réserves de change, qui s’élèvent à quelque 1 200 milliards de dollars (890 milliards d’euros), les premières au monde. Jusqu’ici, le pays en plaçait la quasi-totalité en bons du Trésor américains, un produit sûr mais à la rentabilité limitée, dont il est le deuxième détenteur au monde pour environ 600 milliards de dollars (445 milliards d’euros).

RACHETER "UNE PARTIE DES ENTREPRISES ET DES RESSOURCES DE LA PLANÈTE"

En mars, le ministre des finances, Jin Renqing, avait ainsi souligné que le gouvernement entendait désormais "tout faire pour avoir plus de profits et de productivité avec la gestion des réserves", ce qui fait dire aux Echos que les autorités chinoises "projettent d’en investir une partie de façon risquée, en particulier en Bourse". "Cet organisme, écrit le quotidien économique, disposera de plus de flexibilité que la banque centrale, pourra affecter une partie des réserves de change à des placements à plus haut rendement" et pourrait devenir, à terme, "le premier fonds d’investissement de la planète".

Dans un premier temps, le fonds chinois se verrait confier entre 200 et 300 milliards de dollars des réserves de la Banque centrale, selon les médias officiels. "Il achétera beaucoup de titres de groupes américains, européens, mais aussi russes ou indiens", note un manager de State Street Global Advisors, cité par Les Echos. "Des fonds d’infrastructures" finançant "des réseaux ferroviaires, des réseaux électriques (...) des projets miniers ou des pipelines" seraient également visés, ainsi que l’exploitation de matières premières, par le biais d’achats "de permis d’exploration pétrolière ou gazière" afin d’assurer l’approvisionnement du pays.

"De prêteuse, via des obligations américaines, (la Chine) deviendrait propriétaire d’une partie des entreprises et des ressources de la planète", au risque de déclencher au passage "une guerre économique", écrit le quotidien économique. Toutefois, l’arrivée de ces capitaux chinois se fera lentement, au risque de déstabiliser "les marchés, tant boursier qu’obligataire et monétaire", et surtout de faire baisser le cours du dollar, ce qui réduirait automatiquement leurs propres réserves.


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