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BAE Systems accusé de versements occultes

Le Figaro

jeudi 7 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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BAE Systems aurait, pendant au moins 10 ans, versé à un prince saoudien des sommes équivalentes à 1 milliard de livres pour l’obtention d’un important contrat auprès du royaume. Démenti du groupe.

L’affaire fait grand bruit en Grande Bretagne. La BBC aurait prouvé l’existence de versements occultes par BAE Systems à un prince saoudien dans le but d’obtenir un important contrat d’avions de guerre, et ce en pleine connaissance du ministère de la défense. Le prince Bandar, qui est le fils du ministre de la Défense Nationale saoudien, avait servi pendant 20 ans en tant qu’ambassadeur aux Etats Unis. Il aurait perçu pendant 10 ans des versements de la part de BAE Systems pour un montant total de 1 milliard de livres. Ces sommes auraient transité via deux banques saoudiennes aux Etats-Unis. Le contrat en question pesait 43 milliards de livres, et avait été signé en 1985.

BAE a démenti dans la matinée "toutes les allégations de méfaits liés à ce programme important et stratégique". Le groupe a rappelé que cet accord avait été passé "de gouvernement à gouvernement" ajoutant que "tous les versements de ce type effectués dans le cadre de cet accord l’avaient été avec l’approbation expresse des deux gouvernements britannique et saoudien".

La sanction ne s’est pas faite attendre en bourse : le titre perd 1.46% à 433.33 pence en milieu de matinée jeudi. Du côté du parti du Labour, on se veut prudent au sujet des allégations de la BBC : officiellement, celles-ci ont besoin d’être examinées, selon le chef du parti au parlement.

L’affaire avait été révélée au grand public en fin d’année dernière. Le gouvernement anglais avait alors stoppé net une enquête du Serious Fraud Office. Le bureau britannique de détection des fraudes (SFO) enquêtait sur un fonds présumé appartenir au groupe de défense britannique qui aurait permis de verser des avantages en nature.

Cette initiative avait à l’époque fait réagir le gouvernement saoudien, qui avait annoncé vouloir arrêter ses relations commerciales avec Eurofighter. Le pré-accord commercial, conclu en août 2006 entre l’Arabie et la Grande-Bretagne et portant sur la vente de 72 chasseurs Eurofighter Typhoon pour un montant d’environ 10 milliards de livres, était clairement menacé. Le gouvernement Blair avait par conséquent décidé de mettre fin à une enquête qui risquait de mettre à mal les relations d’affaires entre les deux royaumes.

Les principales entreprises de défense britanniques avaient par ailleurs averti le gouvernement que des dizaines de milliers d’emplois et des commandes de plusieurs milliards de livres reçues de l’Arabie Saoudite pourraient être perdues dans le cas où l’investigation concernant une fraude lors d’un contrat d’armes entre BAE et l’Arabie Saoudite n’avait pas pris fin.


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