vendredi 20 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Les 39 prisonniers fantômes de la CIA

Les 39 prisonniers fantômes de la CIA

Le Figaro, avec AFP

jeudi 7 juin 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Un collectif d’organisations de défense des droits de l’homme demande à Washington où sont ces détenus, accusés de terrorisme et qui n’ont plus donné signe de vie.

Le gouvernement américain l’avait promis : les fameuses « prisons secrètes » mises en place par la CIA pour détenir et interroger hors de tout contrôle judiciaire des terroristes présumés, devaient disparaître. Or, selon des ONG, 39 détenus présumés de ce programme n’ont toujours pas donné signe de vie.

Dans un rapport, les organisations britanniques Amnesty International, Cageprisoners et Reprieve, et américaines Human Rights Watch (HRW), Center for Constitutionnal Rights (CCR) et Centre for Human Rights and Global Justice (CHRGJ), livrent ces 39 noms. Les personnes disparues sont originaires d’Egypte, du Kenya, de Libye, du Maroc, du Pakistan et d’Espagne.

Epouses et enfants détenus en secret

Le rapport précise « les endroits où les prisonniers ont pu être détenus, les mauvais traitements qu’ils ont subis, et les pays dans lesquels ils ont pu être transférés ». Il explique également que des parents des personnes emprisonnées, dont les épouses ou les enfants parfois âgés de seulement 7 ans, ont également été détenus en secret.

Il cite l’exemple de Khalid Sheikh Mohammad, considéré comme le principal responsable des attentats du 11 septembre, dont les enfants âgés de 7 et 9 ans avaient été arrêtés en septembre 2002. « Selon des témoins, ils ont été placés dans un centre de détention pour adultes pour au moins quatre mois pendant que des agents américains les questionnaient sur leur père », affirme le rapport.

Mis en place suite au 11 septembre, le programme de la CIA faisait circuler les prisonniers par avion de pays en pays. Le Washington Post avait révélé l’existence de ces prisons en 2005, suscitant l’embarras de l’administration Bush, mais aussi d’une vingtaine de pays d’Europe qui avaient coopéré au programme.

« L’administration américaine doit mettre une fois pour toute un terme à cette pratique illégale et moralement répugnante », estime Amnesty International. Plusieurs ONG ont déposé une plainte devant une cour fédérale américaine en vertu de la loi sur la liberté de l’information pour obtenir des renseignements sur les détenus disparus.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :