jeudi 14 décembre 2017

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Prisons de la CIA : nouveau rapport accablant

ATS

vendredi 8 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Des centres de détention de la CIA ont été installés en Pologne et en Roumanie entre 2003 et 2005 avec l’accord des présidents des deux pays, révèle vendredi Dick Marty, le rapporteur spécial du Conseil de l’Europe.

"Il subsiste aujourd’hui suffisamment d’éléments pour affirmer que des centres secrets de détention gérés par la CIA ont bien existé en Europe, entre 2003 et 2005, notamment en Pologne et en Roumanie", indique le conseiller aux Etats tessinois (PRD) dans son second rapport sur les activités illégales de la CIA en Europe présenté vendredi.

Pologne et Roumanie accusées

Les anciens présidents polonais Aleksander Kwasniewski et roumain Ion Iliescu ont donné leur feu vert à ces prisons secrètes, a indiqué Dick Marty. L’ancien procureur tessinois affirme avoir obtenu les noms de huit « détenus de grande importance » (HVD) incarcérés en Pologne entre 2003 et 2005. Parmi eux figurent le « cerveau » présumé des attentats du 11 septembre 2001, Khaled Cheikh Mohammed, et un lieutenant d’Oussama Ben Laden, Abou Zubaïda.

La Roumanie a pour sa part accueilli des HVD « dont la valeur était considérée comme inférieure en termes de renseignement ». Accord secret avec l’OTAN Les opérations ont été rendues possibles notamment par un accord secret conclu le 4 octobre 2001 entre les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, permettant à la CIA d’enlever et d’incarcérer des personnes soupçonnées de terrorisme en Europe.

Cet accord stipule notamment des « autorisations de survol générales pour des vols militaires américains liés à des opérations contre le terrorisme » et un renforcement du partage des données du renseignement.

Culture du secret

Selon Dick Marty, il aurait servi de « plate-forme pour des accords bilatéraux, eux aussi, bien entendu, secrets ». Ces différents accords visaient à protéger les activités de la CIA de « tout contrôle démocratique conventionnel ». L’intérêt de se placer sous l’autorité de l’OTAN réside dans « son régime du secret et de la sécurité des informations », note le rapporteur.

Dick Marty a également sévèrement critiqué plusieurs membres du Conseil de l’Europe pour avoir couvert du « secret d’Etat » les pratiques de la CIA. Ces Etats préfèrent « préserver à tout prix les relations (et surtout les intérêts) avec le puissant allié en invoquant le ’secret d’Etat’ chaque fois qu’une vérité désagréable pourrait éclater au grand jour », déplore-t-il.

Le sénateur tessinois cite notamment le cas de l’enlèvement en 2003 à Milan de l’imam Abou Omar. Il regrette que Rome n’ait toujours pas transmis à Washington les demandes d’extradition de 26 agents de la CIA (voir ci-contre).

Varsovie et Bucarest démentent

Les autorités polonaises ont à nouveau fermement démenti vendredi l’existence de prisons secrètes de la CIA sur le sol de la Pologne entre 2003 et 2005, comme l’en accuse le Conseil de l’Europe dans un rapport. Le porte-parole du gouvernement a affirmé que la Pologne attendait toujours des preuves tangibles étayant les accusations formulées par le Conseil de l’Europe.

Même son de cloche en Roumanie, où le gouvernement a rejeté les accusations du rapporteur spécial du Conseil de l’Europe, affirmant que son rapport "n’apporte aucune preuve pour confirmer ces allégations".


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