dimanche 22 octobre 2017

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Le Watergate, le scandale qui fit tomber un président

AP

mercredi 1er juin 2005, sélectionné par Spyworld

L’affaire débuta par un cambriolage désastreux qui attira peu d’attention au départ, mais s’acheva deux ans plus tard en 1974 dans le fracas de la première et unique démission d’un président des Etats-Unis.

C’est l’histoire d’un épisode d’espionnage politique qui a mal tourné, en pleine campagne électorale, suivi d’une tentative de brouiller les pistes téléguidée du plus haut niveau de la Maison Blanche.

A son issue, les Américains découvraient que leur président avait fait espionner ses adversaires politiques et avait été l’instigateur de différentes tentatives pour étouffer l’affaire.

Dans la nuit du 17 juin 1972, le siège du parti démocrate -alors dans l’opposition- dans l’immeuble du Watergate sur les rives du Potomac à Washington, est cambriolé par d’étranges « plombiers » chargés en fait d’y poser des micros. Ces cinq cambrioleurs-techniciens pris sur le fait étaient des anciens de la CIA travaillant pour l’équipe des « coups tordus » de la campagne pour la réélection de Nixon, sous la houlette de l’ancien du FBI G. Gordon Liddy. Les journalistes du « Washington Post » Carl Bernstein et Bob Woodward, débutants, vont largement contribuer à révéler le scandale. Via notamment leur principal informateur, « Deep Throat » ( »Gorge profonde »).

Nixon réélu dans un raz-de-marée, l’affaire n’éclate véritablement qu’en mars 1973, grâce notamment aux révélations de John Dean, conseiller juridique à la Maison Blanche, le premier à mettre en cause le président. L’instruction judiciaire s’accélère, les révélations accablantes contre Richard Nixon et la Maison Blanche s’accumulent. Mais le président nie toute implication, invoque la sécurité nationale, limoge les procureurs trop insistants. Le Sénat a mis en place une commission d’enquête spéciale, pour déterminer ce « que savait le président et quand il l’a su ».

Fin juillet 1974, la commission judiciaire de la Chambre des Représentants recommande la mise en accusation (impeachment) de Richard Nixon, accusé d’obstruction à la justice, d’abus de pouvoir (notamment auprès de la FBI, de la CIA et de l’administration fiscale) et d’injure au Congrès. La procédure d’impeachment est la possibilité pour le Congrès de destituer le président en cas de crime, délit grave ou violation de la Constitution. Mais le président n’attendra pas d’être destitué.

Les mensonges de Nixon s’effondrent lorsqu’on apprend qu’il faisait enregistrer toutes ses conversations, tant à la Maison Blanche, notamment dans le Bureau Ovale, qu’à Camp David. La bataille juridique autour des fameuses cassettes de la Maison Blanche monte jusqu’à la Cour suprême, et, le 4 août, des enregistrements secrets de ses propres conversations sont rendus publics, prouvant son implication dans l’affaire. Dans la soirée du 8 août, Nixon annonce sa démission dans un discours télévisé de 16 minutes : « Je n’ai jamais été quelqu’un qui abandonne facilement. Mais, en tant que président, je dois d’abord penser à l’intérêt de l’Amérique. » Son vice-président, Gérald Ford, lui succède.


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