lundi 23 octobre 2017

Accueil du site > Terrorisme > International > Algérie : Un groupe terroriste soutenant le GSPC démantelé à (...)

Algérie : Un groupe terroriste soutenant le GSPC démantelé à Milan

Hasna Yacoub, La Tribune

samedi 9 juin 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Le groupe terroriste qui a perpétré les attentats du 11 avril dernier à Alger, où 33 personnes ont été tuées, aurait été soutenu, sur le plan logistique et financier, par une dizaine de personnes, dont des Tunisiens, à partir de l’Italie.

Jeudi dernier, la police de Milan a lancé une dizaine de mandats d’arrêt à l’encontre de ces personnes, accusées de soutien logistique et financier au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), connu depuis son ralliement à l’organisation Al Qaïda, sous le nom d’Al Qaïda au Maghreb. L’enquête italienne a commencé après les révélations d’un terroriste présumé, arrêté en France en 2006 et extradé en Italie. Selon le site de La Repubblica, Il s’agit du Tunisien, Tlili Lazar, extradé de France en novembre dernier, qui aurait fourni les noms des neufs suspects. L’un deux, Essid Sami Ben Khemais, déjà condamné à une peine de six ans et deux mois, aurait dû sortir de prison dimanche dernier après avoir purgé sa peine.

Il est donc resté incarcéré. Selon les enquêteurs italiens, trois des personnes visées par ces mandats d’arrêt, délivrés sur requête d’un magistrat antiterroriste du parquet de Milan, sont déjà en prison et neuf autres seraient mortes dans des attentats suicide en Irak et en Algérie. Un précédent communiqué des forces de l’ordre italiennes faisait état de « neuf mandats d’arrêt exécutés contre autant de citoyens tunisiens », qui « ont permis de démanteler une cellule italienne du Groupe salafiste pour la prédication et le combat ». Selon des sources officielles italiennes, citées par le Nouvel Observateur, quatre personnes parmi les suspects sont de nationalité tunisienne. « Trois hommes ont été interpellés à Milan et le quatrième dans le nord de Londres, a-t-on appris auprès des forces de l’ordre des deux villes », a rapporté le Nouvel Observateur qui a précisé que « le groupe aurait recruté des extrémistes envoyés dans des camps d’entraînement en Afghanistan, avant de rejoindre lui-même des militants en Algérie, en Tunisie, en Tchétchénie, en Bosnie ou en Afghanistan », citant un communiqué de la police italienne. Le communiqué de la police affirme que la cellule basée à Milan était liée aux attentats d’Alger du 11 avril dernier ainsi qu’à la fusillade mortelle entre des policiers et des extrémistes, en janvier dernier, en Tunisie.

La cellule milanaise, qui appartiendrait au GSPC, projetait également des attentats en Italie, a indiqué, sur la chaîne Sky TG 24, le colonel Domenico Grimaldi, le responsable de la police italienne qui a dirigé l’enquête. Dans le cadre de ses activités de recrutement, cette cellule a fourni de faux documents, ainsi que des appartements, des voitures et des moyens de communication enregistrés sous de faux noms, souligne le communiqué italien. La police a également remonté la trace de plusieurs dizaines de milliers d’euros destinés à l’Afghanistan via l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. D’ailleurs, dans le cadre de cette enquête, une autre personne a été également arrêtée, jeudi dernier, à Londres, en vertu d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Italie. Une information confirmée par la police britannique qui a fait savoir que Habib Ignaoua, 46 ans, avait été interpellé à son domicile du nord de Londres en vertu du mandat d’arrêt émis par l’Italie.

Scotland Yard n’a pas révélé sa nationalité mais a dit qu’il était recherché pour plusieurs faits de terrorisme et de falsification de documents et que, selon le mandat d’arrêt italien, « entre 1997 et 1999, il a convaincu des volontaires de suivre une formation militaire en Afghanistan pour le jihad [guerre sainte], et s’est chargé de l’organisation en utilisant de faux documents ». Les personnes interpellées sont accusées de soutien logistique et financier à une cellule de l’ex-GSPC, d’association de malfaiteurs, recel et falsification de documents. Les mis en cause tunisiens sont également accusés de trafic de stupéfiants et de vol de voitures. Selon l’ordonnance du magistrat instructeur, « l’argent résultant de ces activités servait à l’achat d’armes et de munitions en vue de leur acheminement vers l’Algérie ». A préciser enfin que des membres accusés de soutenir des cellules de GSPC sont régulièrement arrêtés dans le nord de l’Italie. Cinq Algériens, accusés de financement du GSPC, avaient été interpellés en juillet 2006.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :