dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Informatique > Sécurité Informatique > L’Estonie dénonce les cyber-attaques terroristes russes

L’Estonie dénonce les cyber-attaques terroristes russes

Philippe Crouzillacq, 01net.

lundi 11 juin 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Les autorités de Tallin font face à une série d’attaques sans précédent contre les sites officiels, les médias, les banques estoniennes. Moscou est montré du doigt.

Depuis le 27 avril dernier entre l’Estonie et la Russie, c’est « Wargames » dans les pays baltes ! Tout a commencé par une action symbolique, l’enlèvement dans un jardin public de Tallin (capitale de l’Estonie), d’un mémorial de guerre datant de la période soviétique. Pour l’Estonie, c’était une façon d’affirmer un peu plus la jeune indépendance du pays face au grand voisin russe. Mais à Moscou, certains y ont vu au mieux une provocation, au pire un outrage. Et la réplique fut terrible.

En quelques heures, ce pays, qui compte parmi les plus connectés d’Europe, fut l’objet d’une série d’attaques par déni de service (DDOS, déni de service distribué) sans précédent à l’échelle d’un pays. Les sites gouvernementaux furent les premiers visés. Puis vint le tour des banques, des médias et des partis politiques. Le numéro des urgences (ambulances, incendies) est même resté indisponible pendant plus d’une heure.

Des dizaines de milliers de PC zombies

L’attaque par déni de service est un grand classique du cyber-crime. L’opération consiste à inonder le serveur d’un site Web de requêtes jusqu’à la paralysie ce qui entraîne inévitablement un écran noir. Ou plus précisément une page d’« erreur http 404 », c’est-à-dire une fin de non-recevoir pour tout internaute désirant visiter ce site Internet.

Dans le cas estonien, les assaillants ont utilisé des dizaines de milliers de PC zombies. Ces machines infectées malicieusement sont chargées de transmettre, à leur insu les requêtes vers le serveur du site Web visé. La densité était telle que les experts ont enregistré une création de trafic allant jusqu’à 5 000 clics par seconde sur certains sites ciblés.

Pour Linnar Viik, l’un des gourou estoniens de l’Internet, cité par The Economist, « la mobilisation d’une telle armada informatique dépasse de très loin le stade de l’initiative individuelle, voire même mafieuse. Rien de tel ne peut se faire à cette échelle sans la coopération d’un Etat, et de plusieurs opérateurs télécoms. »

Le Kremlin montré du doigt

Des accusations relayées la semaine dernière par Andrus Ansip, le Premier ministre estonien à l’occasion d’une conférence de presse. « Ces attaques sont venues directement des adresses IP du bureau du président » russe (Vladimir Poutine), ont affirmé Mr. Ansip et son ministre de la Justice Rein Lang, cité par l’AFP. Ajoutant que « si les ordinateurs [du Kremlin, NDLR] étaient utilisés non-intentionnellement, cela veut dire que les ordinateurs de l’administration russe peuvent servir à des attaques criminelles. »

Pour l’heure, les autorités de Moscou démentent toute implication dans cette vague de cyber-attaques. Quant à l’Estonie, elle va demander cette semaine à l’occasion d’une réunion des ministres de la Justice de l’UE, que ces récents événements soient requalifiés par l’UE, en actes de terrorisme.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :