vendredi 15 décembre 2017

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La France se bat désormais à armes égales avec les Etats-Unis dans le domaine de la traque des satellites espions

Noel Basile, Basile.canalblog.com

lundi 11 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Graves, le système radar français de surveillance de l’espace mis à la disposition de l’armée de l’air depuis décembre 2006, a fait ses premières preuves en dénichant les positions de satellites américains jusque-là bien dissimulés. Une avancée technologique qui pèsera lourd dans le jeu du chat et de la souri mené depuis le ciel d’où tout le monde s’épie insolemment.

Dans la course à l’espionnage et son pendant naturel, le contre-espionnage, la France vient de marquer un point décisif grâce à "Graves", nom de baptême d’un nouveau système radar inventé par les ingénieurs de l’Office national d’études et recherches aérospatiales (Onera) et installé dans deux endroits, l’un dans l’est de la France, l’autre sur le Plateau d’Albion.

Le succès est d’autant plus appréciable qu’il est relaté par le camp adverse, sur le site américain spécialisé space.com. Les Français ont détecté une trentaine de satellites de l’us army gravitant sur orbite « basse » autour de la terre ne figurant pas dans le catalogue officiel du Pentagone, explique l’un de ses rédacteurs-spécialistes en précisant que cette découverte va permettre aux généraux français de mettre la pression sur leurs homologues américains afin d’obtenir de leur part qu’ils cessent de publier la position de leurs propres satellites.

En effet, L’index de l’U.S. Defense Department’s Space Surveillance Network est la bible qui référencie tous les satellites et débris gravitant autour de la terre. Inutile de dire que parmi les engins émettant des bip-bip, nombreux sont ceux qui survolent la France quotidiennement et donnent l’avantage à ceux qui les manipulent. En tout cas, l’inventaire made in USA est régulièrement actualisé et sert d’outil de travail à tous ceux qui s’intéressent au domaine l’espace à travers le monde mais n’inclut pas, comme par hasard, les satellites dits à usage sensible de l’armée américaine. Une omission qui a le don d’agacer les militaires français, non seulement épiés secrètement mais dont les satellites sont montrés du doigt dans le fameux guide.

Les choses vont désormais changer à lire les déclarations du colonel Yves Blin, chef du bureau Espace à l’État-major français des Armées. « Nous avons discuté avec nos collègues américains des premiers résultats de "Graves" et souligné les contradictions entre ce que nous avons trouvé et ce que contient le U.S. Defense Department’s Space Surveillance Network », raconte-t-il sur un mode taquin, « ils nous ont répondu, "si nous ne les avons pas inventorié, c’est qu’ils n’existent pas", je présume donc que nous avons repéré des objets inexistants ».

Plus sérieusement, le Colonel Blin déclare que les Américains sont prévenus : « nous avons vu des choses que vous ne souhaitez sans doute pas qu’il tombent dans le domaine public ». Menace à peine voilée du haut gradé qui transmet le message à travers le site de space.com « nous sommes d’accord de ne pas communiquer les positions de vos satellites si vous arrêtez de donner les coordonnées des nôtres ». Un partout, la balle au milieu.


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