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Michèle Alliot-Marie, le "soldat" de Chirac, reste à la Défense

Reuters

jeudi 2 juin 2005, sélectionné par Spyworld

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Michèle Alliot-Marie, qui se plaisait depuis quelques mois à présenter son ministère comme un "mini-Matignon", a finalement été confirmée à la Défense.

La rumeur de ces derniers jours l’ont installée un temps au Quai d’Orsay - un poste qu’elle convoite depuis longtemps.

Dominique de Villepin ayant été choisi pour succéder à Jean-Pierre Raffarin, cette détentrice de nombreux "brevets de chiraquisme" aurait fait connaître à l’Elysée son souhait de continuer la tâche entreprise depuis trois ans rue Saint-Dominique.

Après le rejet massif de la Constitution européenne par les Français, puis les Néerlandais, il lui appartiendra également de poursuivre la mise en place de l’Europe de la défense, qu’elle a défendue tout au long de la campagne et jusqu’à Washington.

Depuis trois ans, les crises irakienne et ivoirienne ont fourni à cette élégante sportive de 58 ans autant d’occasions d’occuper la scène diplomatique, surtout depuis le départ de Dominique de Villepin pour la place Beauvau.

Son goût pour la bagarre - appris au contact de son père, député-maire de Biarritz et arbitre international de rugby - allié à un sens de l’humour acéré ont trouvé un parfait débouché dans son bras de fer avec son homologue américain, Donald Rumsfeld, principal artisan de l’intervention des Etats-Unis contre le régime de Saddam Hussein.

"Nous ne sommes plus dans la préhistoire, où celui qui avait la plus grosse massue assommait l’autre pour lui piquer son cuisseau de mammouth", lui répond-elle par presse interposée quand le secrétaire à la Défense raille la "vieille Europe", trop timorée pour suivre Washington en Irak.

Une attitude qu’on ne peut mettre sur le compte d’un féminisme effréné - "Dieu sait si je ne suis pas féministe", répète à l’envi celle qui a refusé de voter la loi sur la parité, ne porte quasiment que des tailleurs-pantalons et tient à son déterminant masculin, demandant à être appelée madame "le" ministre de la Défense.

En "bon petit soldat" de la Chiraquie, Michèle Alliot-Marie a fidèlement mis en oeuvre la "feuille de route" du chef de l’Etat en matière de défense, poursuivant la transformation des armées après la fin de la conscription et gérant quelques dossiers chauds comme la restructuration de Giat Industries ou les retraites militaires.

En retour, elle a bénéficié d’un soutien sans faille de Jacques Chirac, chef des armées, - notamment quand Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie à la recherche d’économies budgétaires, voulait s’attaquer à la loi de programmation militaire.

Lors d’une réception avec des journalistes mercredi soir, le général Bentégeat, chef d’état major des armées, se réjouissait de la confirmation annoncée de Michèle Alliot-Marie à son poste, y voyant l’assurance d’une continuité budgétaire.

"POLITIQUE JUSQU’AU BOUT DES ONGLES"

Certains Cassandre mettent ce parcours réussi à la Défense sur le compte d’un "effet d’optique" : la "dame de fer" de la droite aurait surtout bénéficié d’un bilan"calamiteux" de son prédécesseur, le socialiste Alain Richard.

Côté admirateurs, on loue son sens du contact et son ascendant, qui, combiné à un ton parfois cassant, souvent universitaire, peut parfois être perçu comme de l’autoritarisme.

"Si un Basque est par nature indépendant et autoritaire, ce n’est rien à côté d’une Basquaise !", disait d’elle François Fillon en 1999, pendant la campagne pour la présidence du RPR, qu’elle enleva au nez et à la barbe du candidat soutenu par l’Elysée, Jean-Paul Delevoye.

Née le 10 septembre 1946 à Villeneuve-le-Roi, près de Paris, Michèle Alliot-Marie a fait de sérieuses études de droit et en sciences-politiques, agrémentées d’une maîtrise d’ethnologie.

"Dotée d’un appétit faramineux", disait d’elle Françoise Giroud, "courageuse et compétente", selon la socialiste Elisabeth Guigou, "politique jusqu’au bout des ongles", pour l’un de ses collaborateurs, Michèle Alliot-Marie a goûté aux joutes politiques lors des campagnes électorales de son père, Bernard Marie.

Dans les années 70, elle participe à plusieurs cabinets ministériels, notamment aux côtés d’Edgar Faure aux Affaires sociales et de Bernard Stasi aux DOM-TOM. Entre 1993 et 1995, elle est ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement d’Edouard Balladur.

Lors de la présidentielle de 1995, elle refuse de prendre parti lors du duel entre Jacques Chirac et son Premier ministre. La même année, elle est élue maire de Saint-Jean-de-Luz, dont elle est toujours première adjointe et où elle se rend un week-end sur deux.

En 2002, elle brigue le Quai d’Orsay pour finalement le refuser deux ans plus tard après la défaite de la droite aux élections régionales. Elle raconte également avoir été approchée pour Bercy, préférant finalement rester rue Saint-Dominique où elle peut "toucher à tout" : formation, affaires extérieures, industrie ou social.

Afin de ne pas apparaître ouvertement en campagne pour la succession de Jean-Pierre Raffarin, elle a récemment décidé de reporter la publication d’un essai consacré aux "défis" - intérieurs, extérieurs et européens - que la France devra relever en ce début de XXIe siècle.

L’ouvrage, qui aurait pu être perçu comme un discours de politique générale, est prêt depuis quelques semaines mais il ne devrait sortir qu’à l’automne. Elle y livre sa recette pour redonner "confiance" aux Français avec pour ingrédients principaux sécurité de l’emploi et logement.


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1 Message

  • Je trouve personnellement que Michèle Alliot-Marie à magnifiquement réussi à la tête de ce grand ministère ce que je vais dire pourra paraitre paradoxal par rapport à l’image que les gens ou les médias lui donne mais Mam est une personne gentille généreuse pas du tout autaine je peux vous le dire car j’habite Saint Jean de Luz je l’ai rencontrée un nombre incalculable de fois mais elle avait toujours le même sourire. Je suis pourtant socialiste (convaincue) mais la politique qu’elle mène est très très interressante. Ella 20 ans du 64