lundi 23 octobre 2017

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Voleurs traqués par des drones !

Evelyne Emeri, le Matin

vendredi 15 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Les gardes-frontière disposent désormais des aéronefs de l’armée suisse pour le contrôle du territoire. Un drone a « chassé » de nuit à basse altitude. Habitants agacés

« La centrale de la police cantonale a effectivement reçu plusieurs appels dans la nuit de lundi à mardi, explique le remplaçant du commandant du corps des gardes-frontière de la région Vaud-Valais, Jean-Luc Boillat, nous avions engagé un drone dans la région du pied du Jura pour une opération de lutte contre la criminalité transfrontalière et contre les cambrioleurs. Le temps n’était pas très clair, nous avons donc évolué à basse altitude entre 1000 et 1500 m, le drone était donc audible. »

Des habitants de la région de la Côte vaudoise ont aperçu au-dessus de leurs têtes, au beau milieu de la nuit « une tondeuse avec des lumières ». Ce résident du village de Grens, au-dessus de Nyon, ne décolère pas : « Je ne pouvais pas dormir. Il a tourné près de trois heures, entre minuit et 3 heures du matin. Ce n’est quand même pas le G8 ! » D’autres habitants ont fait part du même genre de doléances auprès des forces de police, curieux d’obtenir une information au sujet de cet objet non identifié et surtout avides de savoir quand les nuisances sonores allaient cesser.

Que les citoyens helvétiques se rassurent tout de suite, ces opérations de surveillance des frontières par le ciel resteront rarissimes. En principe, les aéronefs pilotés à distance, ne sont ni vus ni entendus. Les 24 petits aéroplanes à image thermique de l’Armée suisse - de type ADS 95 Ranger - sont quasi exclusivement utilisés à des fins militaires pour l’observation de sites et de cibles. Lundi, le drone perturbateur avait pourtant été engagé par le corps des gardes-frontière. Une nouveauté depuis le 1er mai de cette année, date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les douanes, qui étend le champ d’action des gardes-frontière à l’utilisation des drones.

« Il faut relativiser, insiste tout de suite le Capitaine Jean-Luc Boillat, les gardes-frontière ont droit à 200 heures par an. En Suisse, nous sommes divisés en huit régions. Chaque région dispose donc de 25 heures par année... » La mission de ce début de semaine était planifiée de longue date dans la région de la Côte, le mois de juin étant particulièrement prisé par les cambrioleurs. La récolte a été nulle. Les quelques contrôles de mouvements ou de personnes suspectes n’ont rien donné. L’engin photographique a été catapulté depuis une rampe de lancement installée à l’aérodrome de Payerne dans le cadre d’un cours de répétition. La semaine dernière, un ADS 95 a déjà survolé la région de la vallée de Joux-Sainte-Croix-L’Auberson. Ni vu ni connu cette fois-ci.

L’armée suisse possède 24 petits aéroplanes à image thermique. Depuis un mois et demi, une nouvelle base légale offre aux gardes-frontière la possibilité d’en disposer ponctuellement. Idéalement, le drone ADS 95 Ranger vole entre 3000 et 4000 m d’altitude sans être vu et/ou entendu - Patrick Martin


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