vendredi 20 octobre 2017

Accueil du site > Technologie > Alliances en vue pour l’aéronautique européenne

Alliances en vue pour l’aéronautique européenne

V. GD. et Y. L. G., le Figaro

lundi 18 juin 2007, sélectionné par Spyworld

logo

La 47e édition du Salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget ouvre ses portes aujourd’hui. François Fillon l’inaugure en fin de matinée tandis que Nicolas Sarkozy s’y rendra samedi après-midi.

À MOINS de trente kilomètres de Paris, Le Bourget accueille dès ce matin le ban et l’arrière-ban de l’aéronautique civile et militaire mondiale. Nicolas Sarkozy y est très attendu. L’État est actionnaire d’EADS, la maison mère d’Airbus, de Thales et de Safran. Trois entreprises pour lesquelles des scénarios d’alliances ont refait surface. La grande question, c’est l’évolution du capital d’EADS.

Nicolas Sarkozy a répété, lors de sa visite à Toulouse au lendemain de son élection, qu’il souhaitait remettre à plat le pacte d’actionnaires. Depuis, les noms de Bouygues, Thales ou encore Dassault ont été avancés. Martin Bouygues s’intéresse déjà à un nouveau métier, l’énergie. Il serait étonnant que le Groupe Dassault réponde favorablement à une telle sollicitation compte tenu de sa stratégie d’indépendance. Le fabricant du Falcon et du Rafale privilégie les coopérations. Thales estime qu’un rapprochement avec EADS n’a pas de sens.

L’avenir de Safran sera aussi au coeur des discussions. Le groupe, né du mariage entre le motoriste Snecma et l’électronicien Sagem, s’interroge sur son avenir. Il examine la possibilité de se tourner vers Thales, qui cherche à grandir pour être capable de lutter à armes égales avec les géants anglo-saxons BAE, Lockheed Martin ou encore Boeing qui pèse plus de deux fois son poids dans la défense. De son côté, Zodiac a décidé de se séparer de son activité historique dans les bateaux pour se concentrer sur l’aéronautique. Il pourrait intéresser lui aussi Thales.

Des carnets de commandes bien garnis

Mais, comme toujours, l’aéronautique civile sera la vedette du Salon. D’autant que le marché est très porteur, marqué par une croissance régulière (+ 5 % par an en moyenne) du transport aérien. Boeing comme Airbus affichent des carnets de commandes bien garnis représentant cinq ans de chiffre d’affaires. Mais la hiérarchie a changé entre les deux avionneurs.

Voici deux ans, Airbus triomphait au Bourget avec 33,5 milliards de contrats, contre 14,5 milliards pour Boeing. Devenu leader mondial, le groupe européen créait l’événement avec son superjumbo, l’A 380. Cette année, c’est un Airbus moins flamboyant qui s’expose au Bourget. Il a réduit de 31 à 17 le nombre de ses chalets. Il traverse une période difficile marquée par une double crise de management et d’industrialisation de l’A 380. Ses difficultés sont amplifiées par un dollar faible face à l’euro. Or, le groupe a des coûts de fabrication majoritairement en euros et vend en dollars. « Chaque fois que le dollar baisse de 10 centimes, Airbus perd 1 milliard d’euros », estime Louis Gallois, coprésident exécutif d’EADS.

Conséquence, l’avionneur européen a essuyé des pertes en 2006 pour la première fois de son histoire et a perdu son titre de leader mondial de l’aéronautique au profit de Boeing qui, lui, est en pleine forme. Tout comme l’américain au début des années 2000, Airbus a décidé de changer de modèle industriel. Il a lancé cet hiver le plan de réorganisation et d’économies Power 8 qui va se traduire par la suppression de 10 000 emplois, dont 5 000 chez les sous-traitants ainsi que l’externalisation ou la vente de 6 sites européens.

Les déboires d’Airbus ont des répercussions sur la filière aéronautique européenne. Le groupe va revoir sa façon de travailler avec ses sous-traitants. Entre 12 000 et 15 000 sociétés vont être touchées par Power 8 en Europe, selon Joseph Lampel, professeur de stratégie et spécialiste de l’aéronautique à la Cass Business School de Londres.

Cette remise à plat peut être une chance pour certains fournisseurs. Le français Latécoère est candidat à la reprise de l’usine de Méaulte dans la Somme et de l’établissement de Saint-Nazaire Ville en Loire-Atlantique. La grosse PME (433 millions d’euros de chiffre d’affaires) va faire son entrée dans le club des dix grands fournisseurs d’Airbus aux côtés de l’américain Spirit ou encore du français Thales.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :

1 Message