lundi 18 décembre 2017

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Le drame d’Air India est un échec du renseignement

Jim Brown, Presse Canadienne

mardi 19 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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L’attentat de 1985 contre un appareil d’Air India a illustré une faillite monumentale du renseignement et aurait pu être évité grâce à un meilleur travail d’enquête, affirme l’homme qui était deuxième dans la chaîne de commandement de la Gendarmerie royale du Canada à l’époque.

Mais Henry Jensen, ex-sous-commissaire aux opérations de la GRC, n’a guère endossé de responsabilité au cours de son témoignage, lundi, à l’enquête publique sur l’attentat terroriste qui a coûté la vie à 329 personnes.

Il a plutôt pointé du doigt les politiciens qui ont affaibli le corps policier national en lui retirant son service de sécurité, et blâmé la nouvelle instance civile d’espionnage, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui a pris le relais un an à peine avant la tragédie.

Comme il l’avait fait au cours de son témoignage précédent à l’enquête, le printemps dernier, M. Jensen s’en est pris à la décision du gouvernement libéral de Pierre Trudeau d’abolir l’ancien service de sécurité de la GRC pour le remplacer par le SCRS.

La mesure avait été adoptée à l’issue d’une commission royale antérieure qui en était venue à la conclusion que des agents de la GRC s’étaient livrés à l’incendie criminel, au vol et à divers autres actes illégaux au nom de la lutte contre l’indépendantisme au Québec.

Mais selon M. Jensen, la réforme a creusé un énorme trou dans la capacité de la GRC de détecter des complots terroristes et de les juguler avant qu’ils ne puissent se concrétiser.

Il n’aurait pas eu d’objection à ce que certaines fonctions du renseignement, comme la vérification du passé de fonctionnaires et le contre-espionnage, soient confiées à une instance distincte, mais le terrorisme est de nature criminelle, et c’était une "grossière erreur" de la part du gouvernement d’effectuer cette réforme, a-t-il insisté.

La rivalité entre la GRC et le SCRS a maintes fois été dénoncée comme la source de l’incapacité des autorités à stopper l’attentat de 1985, et des entraves à l’enquête criminelle qui a suivi la tragédie.

Des documents déposés à l’enquête publique montrent que le conflit avait atteint les plus hauts échelons des deux organisations. D’autres pièces de correspondance indiquent que le même genre d’affrontement faisait rage aux niveaux inférieurs, autour des opérations antiterroristes.

Mais M. Jensen a attribué le ressentiment presque entièrement aux gens du SCRS - dont la plupart, ironiquement, étaient d’anciens agents de la GRC.


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