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Le GIGN triple ses effectifs

Christophe Cornevin, le Figaro

vendredi 22 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Pour répondre à de possibles prises d’otages de masse ainsi qu’aux enlèvements de Français à l’étranger, l’unité d’élite de la gendarmerie abritera désormais 380 hommes.

DANS la plus extrême confidentialité et au terme de plusieurs mois de réflexion, les hommes en noir du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) s’apprêtent à monter en puissance pour devenir une force de frappe exceptionnelle. Cette formation d’élite, basée dans son quartier général de Satory (Yvelines), va en effet tripler ses effectifs, pour monter à 380 militaires surentraînés dès le 1er septembre 2007 avec la perspective d’arriver à 420 d’ici à 2010...

Apparu au lendemain de la prise d’otages des JO de Munich par le groupe palestinien Septembre noir, le GIGN a prouvé, à raison d’environ 70 sorties par an, son expertise dans les neutralisations de forcenés, les interpellations dangereuses, le traitement de kidnappings, les prises d’otage ou les mutineries.

Mais, dès les attentats de 2001, les unités antiterroristes européennes, au premier rang desquelles figure le GIGN, ont compris qu’il fallait s’adapter à de nouvelles menaces et à des situations de crise d’une ampleur inédite. La prise d’otages du Théâtre de Moscou en octobre 2002, ainsi que la tragédie de l’école de Beslan en Ossétie du Nord en septembre 2004, qui avait coûté la vie à 331 otages, dont 186 enfants, ont fini de convaincre les stratèges français d’augmenter la voilure.

« Pour l’heure, gérer un problème de cette dimension serait délicat », convient un officier supérieur. Actuellement, le GIGN, tout comme leur homologue policier du Raid, ne peut tout au plus mobiliser qu’une cinquantaine d’hommes à un instant précis. L’objectif est de pouvoir engager, à n’importe quel moment, un supercommando de 200 hommes hautement spécialisés, roués aux mêmes techniques d’intervention et de protection. Pour ce faire, le GIGN va recevoir le renfort de la trentaine de gendarmes du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) ainsi que des 150 hommes de l’Escadron parachutiste d’intervention de la gendarmerie nationale (EPIGN).

Scénarios catastrophe

En attendant de renaître cet automne, le GIGN dernière génération planche sur des scénarios catastrophe ayant pour cadre un complexe scolaire, une usine de type Seveso, un paquebot ou encore un gros avion de ligne.

Pour être plus réactif encore, le Groupe ne dépendra plus que du seul directeur général de la gendarmerie. Pour l’heure, il était encore inscrit dans une pesante chaîne hiérarchique. Lors de ses futures missions, le GIGN sera appelé sur la scène internationale pour agir jusqu’au coeur du terrorisme en assurant, par exemple, la sécurité de l’ambassade de France à Bagdad avec quatorze hommes. Ou en déployant des effectifs sur certains théâtres hostiles, comme l’Afghanistan.

Au nom d’un rapprochement imposé par l’autorité politique, les policiers du Raid et les supergendarmes seront de plus en plus souvent appelés à travailler ensemble. Ainsi ils coaniment déjà une cellule interministérielle de négociation en cas d’enlèvement de Français à l’étranger. « Cette matière, très sensible, est en pleine expansion avec une quinzaine d’otages à libérer par an », confie un gendarme. Le colonel Denis Favier commandera ce GIGN grand format. Ancien supergendarme, ce professionnel incontesté mena lui-même l’assaut de l’Airbus d’Air France à l’aéroport de Marseille-Marignane en décembre 1994.

Apparu dans les années 1970, le GIGN doit s’adapter à de nouvelles menaces et sera désormais appelé sur la scène internationale pour agir jusqu’au coeur du terrorisme. - J.-Ch. Marmara/Le Figaro


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