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Sécurité : deux chercheurs recommandent une stratégie de l’espace

André Duchesne, la Presse

samedi 23 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Depuis 15 ans, le Canada s’est totalement désintéressé des progrès spatiaux, à tel point qu’il est devenu vulnérable dans ce domaine. Un virage s’impose rapidement pour corriger le tir.

Tel est le constat réalisé par deux chercheurs du Canadian Defence and Foreign Affairs Institute (CDFAI), groupe de réflexion spécialiste de la présence canadienne dans le monde, dans un rapport portant sur la maîtrise de l’espace, la sécurité nationale et le Canada que La Presse et The Globe and Mail ont obtenu. Signé par James Fergusson et Stephen James, professeurs à l’Université du Manitoba, le document recommande à Ottawa d’établir « une commission indépendante qui examinera l’espace et mettra au point une politique et une stratégie de sécurité nationale sur l’espace, à jour et intégrée ».

Les auteurs rappellent que, depuis le début de l’ère spatiale, il y a 50 ans, le Canada n’a réalisé qu’une seule étude systématique de son rôle dans le domaine : le rapport Chapman, qui date de 1967. Or, si on fait abstraction d’une stratégie mise de l’avant par l’Agence spatiale canadienne (ASC) en 2003, il n’y a guère eu de changement depuis 40 ans.

« Alors que la stratégie canadienne est demeurée relativement constante depuis les années 60, ça n’a pas été le cas dans le domaine spatial, dit-on. Aujourd’hui, on compte plus de 700 satellites en orbite autour de la Terre, et 900 autres objets sont suivis en orbite. » Plusieurs nations ont dépassé le Canada en la matière.

Les auteurs reprennent le thème du bouclier antimissile américain pour appuyer leur argumentaire. Ils évoquent la menace d’États voyous, dont certains travaillent à la création de missiles balistiques. Selon eux, une plus grande maîtrise de l’espace est nécessaire pour parer à cette menace.

MM. Fergusson et James croient que le Canada doit mettre à jour ses capacités de communication et de surveillance. Dans le Grand Nord, par exemple, les changements climatiques et la fonte des glaces qu’ils entraînent favorisent le libre passage des navires. Le pays devra faire plus en matière de télésurveillance s’il veut réellement y défendre sa souveraineté.

Plusieurs recommandations sont formulées : réinvestissement majeur dans l’espace ; élargissement des initiatives de recherche et développement ; refonte de la politique spatiale au ministère de la Défense nationale, etc. On demande également des changements majeurs à l’ASC. Selon MM. Fergusson et James, le budget de l’Agence a diminué depuis une dizaine d’années alors que ses activités se sont concentrées autour de la science et de l’exploration. Cela laisse peu de place pour le reste, disent-ils.

À l’ASC, on réplique qu’il est vrai que les budgets sont stables, autour de 300 millions par an, depuis cinq ans. Par contre, les activités sont variées, dit Julie Simard, conseillère en communications. Du budget de fonctionnement, 34% sont consacrés à l’observation de la Terre ; 42% à la science et à l’exploration spatiale ; 8% aux télécommunications ; 2% à la l’éducation et à la sensibilisation à l’espace, et 14% à des activités génériques d’appui aux autres secteurs. Bien qu’il ait accès à plusieurs satellites grâce à des ententes internationales, le Canada possède un seul engin d’observation et de surveillance (Radarsat I) . Un second satellite, Radarsat II, doit être lancé sous peu. Quant à la Défense nationale, elle travaille au projet du satellite espion Sapphire.


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