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Nicolas Sarkozy prône une politique industrielle offensive

Le Monde, avec AFP

samedi 23 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Le président de la République, en visite au salon aéronautique du Bourget samedi 23 juin, a présenté plusieurs projets de réformes, sur la taxe professionnelle, les programmes militaires français ou la recherche publique.

"Une vraie politique industrielle européenne" et une réprocité mondiale. Nicolas Sarkozy a prôné une "vraie politique industrielle européenne" face à la concurrence de géants comme la Chine, les Etats-Unis. A l’intention des partenaires européens de la France, il a souligné que la politique de la concurrence devait s’inscrire dans la perspective d’une politique industrielle européenne, en récusant "une approche idéologique qui fait de la concurrence une fin en soi". La France a demandé le retrait de la concurrence "libre et non faussée" des impératifs du nouveau traité européen, provoquant vendredi une demande de clarification de la Commission européenne.

Le chef de l’Etat a réclamé la réciprocité "aux Etats-Unis et à la Chine en matière d’accès au marché". "La naïveté c’est fini, la réciprocité ça commence", a-t-il lancé. "Vous voulez que nous ouvrions nos marchés, nous les ouvrirons à la minute où vous les ouvrirez" et "nous déferons nos barrières tarifaires à la minute où vous abaisserez les vôtres", a-t-il déclaré à l’adresse des Etats-Unis et de la Chine.

"Nous devons mener une politique industrielle avec la même liberté d’interprétation que celle que s’accordent nos amis américains, chinois, indiens ou brésiliens", a-t-il fait valoir.

EADS. Nicolas Sarkozy a annoncé la tenue d’un sommet franco-allemand avec la chancelière allemande Angela Merkel le 16 juillet chez Airbus à Toulouse. "La gouvernance doit désormais faire primer l’efficacité de la prise de décision et EADS doit devenir une entreprise normale", a déclaré le président lors de son discours au salon du Bourget. "Nous inviterons les actionnaires stratégiques d’EADS, Daimlerchrysler et Lagardère, à nous rejoindre à ce sommet pour une réunion de travail", a-t-il précisé.

L’Etat français est actionnaire du groupe européen EADS à 15%, aux côtés des actionnaires privés Lagardère (15% dont 7,5% en cours de vente) et DaimlerChrysler (22,5% dont 7,5% en association avec des investisseurs financiers allemands).

Taxe professionnelle. Le président a souhaité que soit engagée "une nouvelle réforme ambitieuse" de la taxe professionnelle. Selon le chef de l’Etat, "cette réforme sera un vrai remède anti-délocalisations, avec deux objectifs : alléger la charge qui pèse sur l’industrie et prendre en compte la santé financière de l’entreprise dans le calcul des résultats".

Programmes militaires. En matière de défense, le chef de l’Etat qui est aussi chef des armées, a demandé une "remise à plat" des programmes militaires français, y compris ceux déjà engagés, avant la prochaine loi de programmation militaire qui débute après 2008.

Dans ce qui sonne comme une mise en cause du processus d’élaboration de la loi de programmation militaire, il a souhaité que la préparation de la prochaine loi "soit l’occasion d’une remise à plat des modalités de définition et de pilotage des programmes engagés", qui comprenne aussi "la conception et la présentation de la loi de programmation militaire elle-même". "On n’est pas obligés de reprendre un processus qui n’a pas produit que des réussites", a-t-il insisté, refusant de se lancer "bille en tête dans un catalogue d’équipements".

Il a également jugé que l’Europe ne peut "se payer le luxe" de dupliquer les programmes, citant l’existence au sein de l’UE de "cinq programmes de missiles sol-air, trois programmes d’avions de combat, six programmes de sous-marins d’attaque et plus d’une vingtaine de programmes de blindés".

Recherche publique. Nicolas Sarkozy a annoncé son intention d’augmenter d’un quart le financement de la recherche publique "en concentrant sur le financement sur projets et non pas sur structure".

Il a également estimé "indispensable de renforcer et pérenniser les pôles de compétitivité" en France au-delà de 2008 et appelé de ses vœux la création d’une "fondation scientifique européenne", qui "rassemblera les moyens et les allouera aux meilleures équipes du continent".

Le chef de l’Etat a par ailleurs souhaité "une politique d’achats publics favorisant l’innovation". Il propose également de "recentrer l’action de l’Agence de l’innovation industrielle sur les entreprises moyennes"


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