mardi 12 décembre 2017

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La curiosité de Google, un danger potentiel pour la vie privée

Reuters

vendredi 3 juin 2005, sélectionné par Spyworld

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La sauvegarde des habitudes de navigation des 19 millions d’internautes quotidiens qui fréquentent les services de Google suscite aux Etats-Unis l’inquiétude des associations de consommateurs qui redoutent à terme une atteinte à la vie privée des utilisateurs.

Comme la plupart des services en ligne, Google surveille la manière dont les internautes utilisent son moteur de recherche et ses autres services, ainsi que leur profil. Mais, contrairement à la majorité des services concurrents, Google stocke pendant plusieurs années toutes les informations collectées auprès de ses usagers.

Certains spécialistes de la défense de la vie privée estiment que les informations détenues par Google pourraient aider les enquêteurs gouvernementaux à contourner les lois limitant la surveillance sans autorisation des citoyens américains.

Mais les responsables de Google affirment que les informations collectées sur les habitudes de navigation des internautes aident l’entreprise à améliorer son service, à lutter contre les imposteurs et à développer de nouveaux produits.

La firme ajoute que, contrairement à d’autres sociétés, ses utilisateurs n’ont pas à payer pour disposer d’une boîte aux lettres électroniques d’une capacité de stockage gigantesque.

"Depuis le début, Google a conçu ses services afin qu’ils soient le moins intrusifs possible", assure Nicole Wong, l’avocate de Google, ajoutant que l’entreprise californienne ne partage pas les informations collectées sur les internautes avec des entreprises de marketing.

En outre, les employés de Google doivent obtenir le feu vert de leurs responsables avant d’étudier les données transmises et reçues par l’internaute, ajoute-elle.

LIAISONS DANGEREUSES

Google contrôle l’adresse IP (Internet Protocol) de chaque ordinateur qui se rend sur ses sites et envoie au navigateur de l’usager un petit fichier appelé "cookies" qui permet d’identifier automatiquement l’internaute et de personnaliser l’accueil (choix de la langue par exemple). Les internautes peuvent rejeter ces cookies s’ils le désirent, mais certains services comme Gmail, le service de courrier électronique de Google, ne fonctionneront pas.

Il est difficile de lier les cookies et une adresse IP avec une personne en particulier, estime Wong. L’adresse IP d’un ordinateur peut changer à chaque connexion sur internet et de nombreux services de Google utilisent des cookies, aussi Google est incapable par exemple de savoir si un utilisateur de Gmail a également visité un site sur l’avortement.

Mais en l’absence de régulateur, il n’y a aucun moyen de prévenir les abus et d’empêcher par exemple Google de lier dans le futur ces cookies, s’inquiète Chris Hoofnagle, à la tête de l’Electronic Privacy Information Center.

Les concurrents comme Yahoo, les fournisseurs de services internet comme America Online de Time Warner surveillent également les habitudes de navigation sur internet de leurs utilisateurs.

Mais les fournisseurs d’accès internet en général ne conservent pas les informations collectées plus d’un mois en raison du coût de stockage de ces données et des inquiétudes liées à la vie privée, affirme Stewart Baker, un avocat à Washington qui a défendu un fournisseur d’accès internet.

"Si vous n’avez aucune raison de conserver ces données, il est sans doute préférable de les supprimer, a-t-il ajouté.

Yahoo a refusé de préciser combien de temps il conservait les informations collectées sur les internautes.

Le service de courrier électronique généreux de Google crée également un risque important, dans la mesure où les courriers des expéditeurs sont "scannés" pour être associés à des liens publicitaires.

Si AOL supprime les e-mail de ses utilisateurs après 28 jours, sauf demande expresse des utilisateurs, Gmail encourage en revanche ses utilisateurs à conserver indéfiniment leurs courriers.


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