vendredi 20 octobre 2017

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Recherche et innovation reçoivent le grand public au salon

Guillaume Deleurence , 01net

vendredi 3 juin 2005, sélectionné par Spyworld

Le premier salon européen de la recherche veut attirer le grand public et rapprocher laboratoires et entreprises.

Jusqu’au dimanche 5 juin, Paris fait figure de capitale européenne de la recherche. La ville accueille au Parc des expositions de la Porte de Versailles la première édition du Salon européen de la recherche et de l’innovation. Cette manifestation est une initiative privée menée, entre autres, par l’astrophysicien Jean Audouze et l’avocat François-Denis Poitrinal.

« C’est un salon avant tout destiné au grand public, précise ce dernier. Dans notre monde occidental, la recherche est restée nichée dans un cocon. Notre but, avec ce salon, est de la remettre au coeur de la société, de la vie quotidienne. Nous voulons que les gens se rendent compte, par exemple, la somme de recherches qu’embarque une voiture. »

Le salon se veut aussi varié que possible, au risque de paraître un peu fourre-tout par moments. Sur place, les visiteurs sont invités à se familiariser avec des avancées scientifiques aussi différentes que la pile à combustible, la télévision haute définition, les drones ou encore la biorobotique, en passant par les aspirateurs téléguidés. Et ce par le biais de maquettes, de démonstrations ou même de quizz.

Pendant trois jours, une centaine de conférences brassent des thèmes éclectiques (« Einstein aujourd’hui », « les nanotechnologies », « la sûreté alimentaire », « la cryptographie », « le verre », « la politique industrielle de l’innovation », etc). Les organisateurs espèrent attirer 25 à 30 000 personnes pour cette première. La prochaine édition est déjà programmée du 9 au 11 juin 2006, avec en principe la présence de plusieurs pays européens (seule la Hongrie est invitée cette année).

Combler le fossé entre laboratoires et entreprises

La liste des exposants montre l’ambition des organisateurs de tendre des ponts entre l’univers des chercheurs et ceux des industriels et des investisseurs. Ces derniers cotoient des organismes célèbres - CNRS, CEA, Inra, Inserm -, des universités (Lille, Montpellier, Cergy) et des entreprises comme Peugeot, Renault, Microsoft, Saint-Gobain ou encore Pierre Fabre. « La recherche est au coeur de l’action du groupe. Nous y consacrons chaque année 2,2 milliards d’euros, indique Marc Bocqué, porte-parole de Peugeot pour l’innovation et l’environnement. Nous travaillons avec de nombreux partenaires. Nous avons, par exemple, 15 projets communs avec le CNRS concernant la combustion. »

Mais dans l’ensemble, il reste beaucoup à faire pour améliorer le dialogue. « Les grands organismes de recherche, nous les connaissons surtout comme clients, indique Emmanuel Leclerc, visiteur du salon et représentant la société Quantel (qui fournit des applications laser au monde scientifique et industriel, comme un système de nettoyage au laser pour les bâtiments ou monuments publics). Je suis venu ici pour tenter de les connaître mieux comme partenaires éventuels, pour nouer des contacts. Au sein des universités françaises et des laboratoires, on sent de plus en plus la volonté de se rapprocher du monde industriel, des entreprises. »

« J’ai fait une partie de mes études en Suède, ajoute Franck Ruffier, en post-doctorat au CNRS et en passe d’y être recruté. Là-bas, on sent une plus grande imbrication entre le monde de la recherche fondamentale et celui des entreprises. Les chercheurs ont des contacts plus poussés, plus fréquents. En France, c’est en train de changer, doucement. Mais il faudra du temps, on ne change pas comme ça une culture. »

« Le dialogue entre laboratoires et entreprises n’est pas toujours simple, confirme Nadine Prat, professeur au sein du Laboratoire d’automatique de Besançon (une unité de recherche liée, entre autres, au CNRS et à l’université de Besançon). Les industriels portent parfois un regard interrogateur sur le monde de la recherche fondamentale. Certains transferts de technologie se font plus rapidement que d’autres. Par exemple, les drones trouvent rapidement une application dans le monde militaire ou dans celui de l’environnement. Pour d’autres inventions, il est bien difficile de savoir à quel terme elles connaîtront une application. »

Drones à oeil de mouche et robots coopératifs

Les « techno-curieux » risquent de ressentir une certaine déception en se rendant Porte de Versailles. Le Salon européen de la recherche et de l’innovation est encore modeste - 130 exposants - et un peu avare en démonstrations scientifiques dont le grand public raffole.

Les visiteurs pourront malgré tout se familiariser avec Octave, un drone conçu par le CNRS et doté de capteurs optiques qui s’inspirent de l’oeil de la mouche. Octave mesure la vitesse de défilement du sol et s’avère capable de réagir à son environnement. Si le vent souffle trop fort, pour ne pas gaspiller d’énergie, il change son plan de vol, voire se pose pour attendre des conditions meilleures. Octave se destine à des applications militaires ou de travaux publics. Le Laboratoire d’automatique de Besançon expose, lui, ses minirobots, capables d’échanger de l’information entre eux pour réaliser, pleins d’altruisme, une « poussée commune » d’un objet.

Chez France Télécom, le curieux est invité à tester la paire de lunettes intelligente - qui pourrait être commercialisée en septembre - et qui, reliée au téléphone mobile, permet de visionner des vidéos, des photos, des bandes-annonces. Sur le stand de Peugeot Citroën, c’est le système de lutte contre l’hypovigilance qui est en démonstration : un franchissement de ligne fait vibrer le volant. Ce système dit « Afil » est déjà installé sur les modèles C4 et C5.


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