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La police britannique met au jour un complot terroriste, les Etats-Unis peut-être visés

Le Monde, avec AFP et Reuters

vendredi 29 juin 2007, sélectionné par Spyworld

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Peu d’indications étaient données, jeudi 10 août, sur la nature du plan déjoué par la police britannique, les cibles choisies et le mode opératoire. "De multiples explosions étaient prévues dans de nombreux avions, mais je pense que ce serait trop hasardeux de donner un chiffre", a indiqué le secrétaire à la sécurité intérieure américain, Michael Chertoff. Selon lui, les avions visés devaient exploser au-dessus de l’Atlantique.

"Nous croyons que le complot visait des vols entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et représentait une menace directe pour les Etats-Unis", a aussi indiqué le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow. Selon le site Internet de la chaîne américaine ABC News, cinq autres suspects encore en liberté seraient recherchés par la police britannique, qui a refusé de confiremr l’information.

Un responsable du renseignement américain a indiqué que United, American Airlines et Continental Airlines faisaient partie des compagnies aériennes visées, précisant que des compagnies non américaines pourraient également avoir été concernées. Les vols devaient relier la Grande-Bretagne à des villes américaines qui sont "des destinations touristiques" : New York, Washington, Los Angeles, Boston et Chicago. Le complot concernait "jusqu’à dix vols", selon lui.

D’après des responsables américains, les auteurs du complot semblaient vouloir profiter du pic du trafic aérien pendant l’été et pas nécessairement faire coïncider les attentats avec l’anniversaire du 11 septembre 2001.

Pour un autre responsable américain, le complot rappelle fortement des opérations d’Al-Qaïda. "Cela a certainement la marque d’Al-Qaïda", a-t-il dit. "Ils connaissent bien le secteur aérien. C’est quelque chose qu’ils ont essayé de viser depuis de nombreuses années", a-t-il ajouté. La complexité de l’opération nécessitait des individus bénéficiant d’un entraînement et d’une expertise difficiles à acquérir en Grande-Bretagne, a estimé ce responsable.

Cela pose, selon lui, plusieurs questions : "Est-ce que ces types ont voyagé ? Où sont-ils allés ? Ont-ils eu une formation dans des camps d’Al-Qaïda ou d’autres camps d’organisations terroristes liées à Al-Qaïda ?"

BAGAGES À MAIN ET LIQUIDES

Plus tôt, le chef-adjoint de la police britannique, Paul Stephenson, avait parlé, pour qualifier les objectifs poursuivis par les terroristes, de "meurtre de masse". Le quotidien britannique Guardian, citant des sources policières, évoque le chiffre de dix avions concernés, dix Boeing 747 transportant plus de 400 passagers. Le coût humain d’une telle opération aurait ainsi pu être plus lourd que celui des attentats du 11 septembre 2001, dans lesquels près de 3 000 personnes avaient trouvé la mort.

Selon M. Stephenson, les terroristes voulaient abattre les avions en emportant des explosifs en bagage à main. Une piste qui semble corroborée par le renforcement des mesures de sécurité dans tous les aéroports britanniques, où les passagers sont fouillés au corps et les bagages à main limités au strict nécessaire. Les voyageurs sont par ailleurs priés de n’emmener en cabine que des sacs si possible transparents et ne contenant que des objets indispensables tels que leurs papiers, d’éventuels médicaments ou des lunettes. Le lait pour enfants n’est autorisé que si une personne accompagnante accepte de le goûter devant les membres de la sécurité. Tous les appareils électriques, y compris les téléphones portables, doivent être enregistrés en soute.

Pour Paul Beaver, expert indépendant des questions terroristes, les bagages à main sont le point faible de la sécurité aérienne. "Un ordinateur portable peut renfermer suffisamment d’explosif pour faire sauter un avion", dit-il.

L’attention des enquêteurs semble se focaliser plus particulièrement sur l’emploi par les terroristes d’explosifs liquides. Ainsi, de Londres aux aéroports américains, mais aussi à Prague ou à Rome, les passagers ne sont autorisés à emporter ni liquides ni gels dans leurs bagages à main. Boissons, shampoings, lotions solaires, crèmes, dentifrices ou gels pour les cheveux sont donc bannis des cabines des avions. "N’importe quel liquide, mélangé avec une autre substance peut devenir explosif", explique David Hill, un ancien expert de l’antiterrorisme.

Apparemment, le projet terroriste était sur le point d’aboutir. Le complot déjoué était dans "sa phase finale" de préparation, a indiqué M. Chertoff. "Ils avaient accumulé et rassemblé les éléments dont ils avaient besoin et ils étaient dans la phase finale de la préparation avant l’exécution", a-t-il indiqué. "Je ne veux pas être très précis pour les raisons de l’enquête, mais il ne s’agit pas d’un complot qui en était seulement à l’état embryonnaire."


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