lundi 18 décembre 2017

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L’Europe toujours sous la menace d’Al-Qaïda, selon les experts

AFP

lundi 2 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Après les trois tentatives d’attentat en Grande-Bretagne, les pays européens s’inquiètent et se mobilisent contre les menées terroristes car ils restent, tout comme les États-Unis, sous la menace d’Al-Qaïda, estiment plusieurs experts.

Ces trois tentatives confirment que les attentats de Madrid (11 mars 2004, 191 morts et 1841 blessés) et de Londres (7 juillet 2005, 56 morts) « n’étaient pas des épisodes uniquement liés à des contingences politiques et que les pays européens, tout comme les États-Unis, sont toujours sous la menace », relève lundi Renzo Guolo, professeur de sociologie des religions à l’université de Trieste et spécialiste des mouvements fondamentalistes islamistes,

« L’Occident, poursuit ce chercheur dans un entretien lundi au quotidien La Repubblica, avec ses valeurs et ses styles de vie pluralistes représente pour le mouvement du Jihad islamique un ennemi absolu, contre lequel une guerre totale est légitime ».

« Durement attaquée depuis le 11 septembre », la nébuleuse Al-Qaïda « enregistre à présent une réussite incontestable : son idéologie, basée sur le concept du jihad global, est désormais dominante dans les milieux islamistes radicaux, pendant longtemps partisans d’un jihad national ».

Pour autant, affirme à l’AFP Eric Denécé, directeur de Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), la « menace ne semble pas immédiate pour les autres pays européens, car à chaque fois qu’il y a eu un attentat dans un pays européen, il n’y a pas eu d’autre attentat simultané dans un autre pays ».

« Cela dit, ajoute ce spécialiste du terrorisme islamiste, les pays ne peuvent pas faire autrement que de renforcer la vigilance sur leur territoire ».

De fait, des réunions des services de sécurité intérieure se sont tenues au cours du week-end dans plusieurs pays d’Europe continentale alors que le comité « Cobra », la cellule de crise du gouvernement britannique, s’est réuni pour la cinquième fois lundi après-midi.

En France, une première réunion de tous les services de renseignements et de contre-espionnage s’est tenue dimanche matin à Paris, suivie dans l’après-midi d’une réunion des services de sécurité intérieure autour de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie qui les a appelé « à une vigilance renforcée ».

Pour Claude Moniquet du Centre européen de renseignement stratégique et de sécurité, club de réflexion situé à Bruxelles, « la menace terroriste existe et elle est très forte en Europe car le front jihadiste se rapproche très nettement de l’Europe ».

Même si la coopération entre les services spécialisés en Europe et avec les États-Unis est « efficace », cet expert craint « qu’un jour une petite cellule n’échappe à la surveillance et commette un attentat de grande ampleur ».

En Allemagne, le ministre de l’Intérieur Wolfgang Schäuble a estimé ce week-end que l’Allemagne est depuis un certain temps « dans le collimateur du terrorisme islamique » et a annoncé le renforcement des mesures de surveillance, notamment sur l’Internet.

Quant à l’Espagne où, selon le quotidien ABC, plus de 200 islamistes radicaux seraient actuellement « sous surveillance », la menace du terrorisme islamiste est prise « très au sérieux » en particulier après les attaques de mars et avril à Casablanca (Maroc) et à Alger, soulignait récemment à l’AFP une source gouvernementale.

Selon Mohamed Darif, spécialiste marocain des mouvements islamistes, les tentatives d’attentats en Grande-Bretagne ne s’inscrivent pas dans le mode opératoire d’Al-Qaïda mais constituent « une action de diversion » car le mouvement n’a pas les moyens de mener plusieurs objectifs à la fois.


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