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La police britannique sur la piste du terrorisme moyen-oriental

Jean-Pierre Langellier, le Monde

mardi 3 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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L’enquête sur les attentats déjoués de Londres et Glasgow a débouché sur une piste moyen-orientale. Deux des sept personnes arrêtées en Grande-Bretagne, depuis samedi 30 juin, sont des médecins originaires du monde arabe, l’un jordanien, l’autre irakien. Un huitième suspect, dont l’arrestation a été confirmée, serait détenu en dehors du territoire britannique.

Mohammed Jamil Abdelkader Asha, 27 ans, est un médecin jordanien d’origine palestinienne. Présenté par des responsables jordaniens comme le possible "cerveau" des attentats manqués, il avait été appréhendé, samedi, avec sa femme, Maroua Daana, 27 ans, sur une autoroute près de Liverpool.

Bilal Talal Abdul Samad Abdulla est un médecin irakien, formé à Bagdad et diplômé en 2004. Il serait l’un des auteurs de l’attaque de Glasgow. Il aurait travaillé à l’hôpital de Paisley, près de Glasgow, où se trouve actuellement, toujours dans un état critique, son complice grièvement brûlé. Les trois autres personnes ont été arrêtées à Liverpool et près de Glasgow. Au moins cinq des huit suspects sont originaires de pays du monde arabe. Les enquêteurs ont procédé à dix-neuf perquisitions en Angleterre et en Ecosse.

Selon des informations de l’Evening Standard non confirmées par la police, les deux Mercedes piégées découvertes à Londres devaient être actionnées par des téléphones portables qui n’ont pas fonctionné.

Celui qui se trouvait dans la voiture proche de la boîte de nuit visée a été appelé deux fois, l’autre quatre fois. Après avoir saisi ces téléphones, la police a retrouvé l’origine des appels et est remontée jusqu’aux suspects.

Au moment où avait lieu l’attentat de Glasgow, la police était déjà sur les traces de ses auteurs. Un agent immobilier qui louait la maison occupée par les deux hommes a raconté que la police avait cherché à le contacter peu avant l’attentat, mais qu’il ne l’avait su qu’après. Les enquêteurs avaient, sans doute à partir des mêmes téléphones portables, découvert le numéro de l’appartement loué.

L’hôpital de Paisley est l’un des lieux où s’est concentrée l’enquête. Dimanche et lundi, la police a procédé à trois explosions contrôlées sur des voitures garées sur le parking de l’hôpital.

Les enquêteurs ont amplement profité des progrès de la technologie. Outre les indices fournis par les téléphones, et les milliers d’heures d’enregistrements des caméras de surveillance, la police a bénéficié d’un système de reconnaissance automatique des plaques minéralogiques expérimenté avec succès à Londres dans le cadre du contrôle du péage urbain. Elle a pu reconstituer rapidement l’itinéraire emprunté par les Mercedes piégées avant leur découverte.

Les auteurs des attentats meurtriers de juillet 2005 étaient des citoyens britanniques issus de familles originaires du sous-continent indien. Il s’agit cette fois d’Arabes, de nationalités étrangères. Il reste à leur sujet nombre de questions sans réponses. Sont-ils entrés ensemble pour frapper en équipe ? Quels sont leurs liens éventuels avec Al-Qaida ? Ils ne semblent pas avoir été surveillés par la police, qui avoue n’avoir décelé aucun signe avant-coureur dans cette affaire. Le relatif amateurisme de ces hommes très déterminés les rend d’ailleurs, paradoxalement, plus difficiles à détecter.

Depuis juillet 2005, la police concentrait sa vigilance sur les réseaux de djihadistes entraînés dans des camps au Pakistan. Il va lui falloir s’intéresser, à nouveau, de près aux milieux islamistes arabes, comme c’était le cas il y a quelques années lorsque les prédicateurs originaires du Proche-Orient et d’Afrique du Nord résidant à Londres appelaient à la guerre sainte contre l’Occident, mais sans passer eux-mêmes à l’acte.

Un policier britannique sort, lundi 2 juillet, de la maison de Mohammed Asha dans le quartier Sunningdale Grove, à Newcastle-under-Lyme. - AP/Steve Bould

DEUX TENTATIVES D’ATTENTAT

LONDRES.

Deux Mercedes piégées remplies de bonbonnes de gaz, d’essence et de clous, garées dans la nuit du 28 au 29 juin près de Piccadilly Circus, sont repérées par des ambulanciers. Des artificiers désamorcent le système de mise à feu. La deuxième voiture, mal garée, est enlevée par la fourrière. Le dispositif de mise à feu n’a pas fonctionné.

GLASGOW.

Samedi 30 juin, un 4×4 avec deux hommes à bord s’encastre dans l’entrée du principal terminal de l’aéroport de Glasgow mais n’explose pas. Le véhicule contenait des bouteilles de gaz.


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