lundi 23 octobre 2017

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L’Education nationale sommée de revoir la confidentialité de ses fichiers

Philippe Crouzillacq, 01net

mardi 3 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Un fichier contenant les données personnelles d’élèves était consultable sur Internet. La Cnil a demandé au ministère de revoir ses pratiques.

C’est l’histoire d’un fichier informatique ouvert à tous les vents. Jusqu’à la semaine dernière le fichier « base élèves », un document dont l’accès est en théorie réservé aux seuls directeurs d’école, aux maires et à l’administration centrale, était consultable par (presque) tous les internautes.

Pour faire une recherche sur une école ou un élève en particulier il suffisait, comme le révèle Le Canard Enchaîné dans son édition du mercredi 27 juin, de donner comme nom d’utilisateur le numéro de l’établissement (un renseignement public) et comme mot de passe le même numéro. Aussi étrange que cela puisse paraître « la consigne avait été donnée aux chefs d’établissement de se simplifier la vie, en évitant de mémoriser un mot de passe compliqué », note le journal satirique.

Pressé par la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) de préciser sa politique d’accès à ce type de documents le ministère de l’Education nationale a réagi, rapporte l’AFP dans une dépêche publiée le 2 juillet. Il demande désormais expressément aux directeurs d’école primaire de sécuriser la consultation des fichiers informatiques « base élèves », en leur attribuant « des identifiants et des mots de passe secrets ».

Le fichier informatique devient un instrument de contrôle social

Car le problème était de taille, ces fichiers informatiques intègrent en effet des informations sensibles comme l’état civil, l’adresse, et l’orientation des élèves. Mais ce sont d’autres renseignements également présents dans ces fiches de gestion administrative qui inquiètent les associations de parents d’élèves et de défense des droits des libertés individuelles.

« On retrouve des informations comme la nationalité, voire la date d’arrivée de la famille de l’enfant sur le territoire français », note le président national de la FCPE, Faride Hamana. « Dans le contexte actuel, où les pouvoirs publics s’apprêtent à expulser un certain nombre d’enfants scolarisés, ceci est donc plus que préoccupant. »

De son côté, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) fait remarquer dans un communiqué que, en dehors des récents problèmes de confidentialités récemment mis au jour, « les parents des élèves fichés n’ont reçu aucune information préalable sur l’existence du fichier base élèves ». Une pratique contraire à ce que prévoit la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978, souligne l’association. Enfin sur un plan plus général, la LDH fait le constat que de plus en plus de « fichiers informatiques sont détournés de leur objectif initial d’outils administratifs pour se transformer en instruments de contrôle social ».


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