mardi 12 décembre 2017

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Un espion, un industriel et un informaticien dans l’affaire Clearstream

AFP

jeudi 5 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Le chef de la DST Pierre Bousquet de Florian, proche de Jacques Chirac, l’industriel Jean-Louis Gergorin, proche de Dominique de Villepin, et l’informaticien Imad Lahoud, ancien collaborateur de la DGSE, se trouvent au centre de l’affaire Clearstream.

Pierre Bousquet de Florian, 51 ans, un proche de Jacques Chirac, a pris les rênes de la DST (Direction de la surveillance du territoire), le contre-espionnage, en juillet 2002.

Enarque issu d’une famille protestante du Saumurois, il avait eu jusque-là une carrière de haut fonctionnaire dans la préfectorale, marquée par un poste de conseiller technique chargé de l’Outre-mer et de l’aménagement à l’Elysée de 1995 à 1998. Il a été parallèlement, de 1997 à 1999, représentant personnel en Andorre du chef de l’Etat, co-prince d’Andorre.

Il fut aussi, de 1986 à 1988, chef de cabinet du ministre de la Justice Albin Chalandon.

Nicolas Sarkozy lui reproche d’avoir enquêté sur ses prétendus comptes occultes et d’avoir conclu à une manipulation sans l’en informer. Entendu par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons en janvier 2005, M. de Florian avait évoqué un simple "recueil de renseignements" dans cette affaire.

- Vice-président exécutif du groupe européen de l’aéronautique EADS, Jean-Louis Gergorin est un polytechnicien et énarque de 60 ans, proche du Premier ministre qu’il a rencontré au Quai d’Orsay, où il a dirigé de 1979 à 1984 le centre d’analyse et de prévision. C’est aussi dans cette fonction qu’il a connu Philippe Rondot.

Cet homme aux allures de professeur Tournesol a ensuite rejoint le groupe Matra comme conseiller pour la stratégie industrielle de Jean-Luc Lagardère, avant de passer à EADS.

Soupçonné d’être le corbeau qui a alimenté au printemps 2004 les juges chargés de l’enquête sur les ventes de frégates à Taïwan en livrant des listes et des numéros de comptes occultes et en citant notamment Nicolas Sarkozy, il a vigoureusement nié. Et mis ces accusations sur le compte d’"un petit groupe de lobbyistes qui veut changer le management d’EADS".

- Imad Lahoud, 40 ans, parent du président du Liban et gendre de l’ancien directeur adjoint de cabinet de Jacques Chirac à Matignon en 1974, François Heilbronner, est un informaticien doué qui a débuté sa carrière en gérant les fonds de riches familles arabes, en utilisant selon Le Monde les services de Clearstream.

Début février 2003, ce spécialiste en cryptographie collabore ponctuellement avec la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) pour lutter contre le financement du terrorisme mais cette collaboration prend rapidement fin, fin mai. Jusqu’à juin 2004, il travaille aux côtés du général Philippe Rondot, chargé au ministère de la Défense de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales.

Il est alors recruté par Jean-Louis Gergorin à EADS où il est maintenant directeur scientifique.

Son parcours a été entaché par trois mois de détention provisoire pour une escroquerie bancaire mise à jour en 2002 dans laquelle est aussi impliqué son beau-père.

Vendredi, par la voix de son avocat, Me Olivier Pardo, il a affirmé qu’il n’était "pas l’auteur des manipulations" sur le fichier de Clearstream ni "le corbeau" dans cette affaire.

Denis Robert, auteur d’ouvrages sur Clearstream, a dit aux juges avoir remis en 2003 des fichiers informatiques de clients de Clearstream à M. Lahoud. "Je n’ai aucun doute sur le fait que les documents que j’ai confiés à Imad Lahoud aient servi au corbeau mais j’ignore quel a pu être le rôle de ce dernier", a déclaré M. Robert vendredi à l’AFP.


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