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Italie : les services secrets accusés d’avoir espionné des magistrats

AFP

jeudi 5 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Le Conseil supérieur de la magistrature italien (CSM) a relancé la polémique sur le rôle des services secrets nationaux en accusant d’anciens membres du renseignement militaire (SISMI) d’avoir espionné des juges italiens et étrangers dans la Péninsule.

"A partir du début de l’été 2001 - c’est-à-dire juste après les élections législatives de la même année - une activité de renseignement de la part du SISMI a commencé à l’encontre de magistrats italiens et européens et de leurs associations", dénonce le CSM dans une résolution approuvée à l’unanimité en réunion plénière mercredi, et dont l’AFP a obtenu copie jeudi.

Le gouvernement de Romano Prodi a exprimé jeudi dans un communiqué sa "pleine confiance dans le travail des magistrats", en indiquant que "tout éventuel abus aux dépens de personnes, catégories ou associations n’entre évidemment pas" dans le cadre "d’une mission aussi délicate et importante" que celle du SISMI.

Selon le CSM, l’activité des renseignements militaires, "étrangère aux attributions et aux compétences du SISMI", s’est poursuivie de "manière continue jusqu’en septembre 2003", puis de manière "ponctuelle jusqu’en mai 2006", soit un mois après les législatives qui ont vu Romano Prodi revenir au pouvoir.

La surveillance s’est soldée "non seulement par la récolte de documents publics, mais aussi par une surveillance très étroite des activités, des mouvements et de la correspondance informatique des magistrats" visés.

Les informations recueillies sont remontées à plusieurs reprises "au directeur" du SISMI, Niccolo Pollari, qui a été limogé en novembre 2006 par le gouvernement Prodi pour son implication dans l’enlèvement en Italie en février 2003 d’un ex-imam égyptien par des agents de la CIA.

Pour étayer ces accusations, le CSM cite des actes d’enquêtes des parquets de Rome et Milan, notamment des documents saisis lors d’une perquisition de bureaux du SISMI à Rome le 5 juillet 2006.

L’un d’eux fait état d’un projet "d’observation et d’intervention du SISMI" sur des juges "définis comme +porteurs de pensées et de stratégies déstabilisantes (...) et proches des partis+" de gauche.

De grands noms de la magistrature italienne figureraient dans ces dossiers, comme l’ex-chef du parquet de Milan Francesco Saverio Borrelli ou le procureur Ilda Bocassini, connue pour avoir mené des enquêtes contre Silvio Berlusconi.

Selon le CSM, un dossier a également été réalisé sur l’association "Magistrats européens pour la démocratie et les libertés" (MEDEL), qui réunit plusieurs syndicats nationaux proches de la gauche, notamment "à travers l’analyse détaillée des courriers électroniques diffusés sur le forum interne de l’association" en 2001 et 2002.

L’actuel magistrat de liaison entre la France et l’Italie, en poste à l’Ambassade de France à Rome, a également fait l’objet d’un "mémoire", selon le CSM.


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