mardi 17 octobre 2017

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Des experts français et russes de la défense antimissile se rencontrent à Moscou

Daniel Vernet, le Monde

jeudi 5 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Une première rencontre entre les experts militaires français et russes de la défense antimissile aura lieu la semaine du 9 juillet à Moscou. Ces échanges avaient été annoncés par Nicolas Sarkozy à l’occasion du sommet du G8 à Heiligendamm (Allemagne), à l’issue de son premier entretien, en tant que président de la République, avec son homologue Vladimir Poutine.

Sans se prononcer sur le fond des contre-propositions russes à l’installation d’éléments du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, on souligne à Paris que le président russe a accepté de parler de la réalité de la menace pour la sécurité internationale constituée par la prolifération nucléaire et balistique.

Cette menace est prise au sérieux par les responsables français qui s’interrogent sur l’efficacité de la dissuasion nucléaire sur des Etats "voyous" ou sur des groupes terroristes.

Le prochain Livre blanc sur la défense, annoncé par le premier ministre François Fillon dans son discours de politique générale, devrait aborder cette question et la "complémentarité" entre la dissuasion et la défense antimissile.

UN DROIT DE REGARD

La France s’est dotée d’une défense antimissile dite de théâtre pour protéger ses forces projetées dans des opérations de maintien ou de rétablissement de la paix, hors du territoire national. Une défense antimissile stratégique aurait un coût dépassant les possibilités d’un seul pays européen.

L’affaire n’est pas seulement technique. L’escalade verbale à laquelle se livrent les responsables du Kremlin depuis le discours de M. Poutine à Munich, au mois de février, vise à affirmer un droit de regard russe sur le sort de l’Europe centrale et orientale, comme au temps de la guerre froide.

Quand le vice-premier ministre Sergueï Ivanov parle d’installer de nouvelles fusées à Kaliningrad, il ne choisit pas l’exemple au hasard. Cette région, autrefois la Prusse orientale, avec Königsberg pour capitale, a été enlevée à l’Allemagne au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Elle constitue une enclave entre la Lituanie et la Pologne, au sein de l’Union européenne.

Cependant Moscou souffle le chaud et le froid. Après le "sommet du homard" entre George Bush et Vladimir Poutine, à Kennebunkport, le climat des relations américano-russes avait semblé s’améliorer.

Le président américain s’était dit prêt à discuter les nouvelles propositions russes, sans pour autant renoncer à ses projets en Pologne et en République tchèque.

En réitérant ses menaces, M. Ivanov fait monter les enchères pour arracher aux Occidentaux des concessions sur la défense antimissile, mais aussi sur d’autres questions litigieuses, comme l’Iran ou la réduction des forces classiques en Europe et le Kosovo.

De gauche à droite : le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel masquée par le président américain George W. Bush, le premier ministre britannique Tony Blair et le président russe Vladimir Poutine, lors du sommet du G8 le 8 juin, à Heiligendamm, en Allemagne. - AFP/DMITRY ASTAKHOV


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