dimanche 17 décembre 2017

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Le juge Bruguière quitte le pôle anti-terroriste

Pascal Junghans, Latribune.fr

jeudi 5 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Il a été battu aux dernières élections législatives. Son successeur n’est pas connu.

Le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière va quitter le pôle anti-terroriste du Tribunal de grande instance de Paris. Il était le patron d’une équipe de 6 magistrats spécialisés qui concentrait l’instruction des dossiers anti-terroristes qu’ils soient islamistes, corses ou basques, dont la lutte contre Action Directe au milieu des années 80, l’explosion du DC9 d’UTA au dessus du désert tchadien ainsi que l’assassinat du président rwandais, signal du génocide. Le successeur du juge Bruguière n’est pas connu pour l’instant.

Le juge Bruguière avait succédé à la tête du pool anti-terroriste au juge Marsaud, devenu député (UMP). Le juge Bruguière officiait la création en 1986 au pôle anti-terroriste installé dans la galerie Saint Eloi du Palais de justice de Paris, véritable bunker protégé jour et nuit par des gendarmes et des caméras.

Le magistrat s’était mis en disponibilité pour deux mois afin de se présenter aux élections législatives sous l’étiquette UMP dans le Lot-et-Garonne. Il avait été battu par le candidat socialiste qui avait obtenu 52,29 % des voix.

Jean-Louis Bruguière a fait un usage extensif de la législation anti-terroriste française, notamment sa pierre angulaire : "la participation à une association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste", incrimination qui permet de mettre en garde à vue un suspect pendant 6 jours au plus, contre 24 heures renouvelables dans les affaires de droit commun. Cette incrimination est l’arme essentielle ayant permis de protéger la France contre un attentat, selon les spécialistes.

Le juge travaillait main dans la main avec les services anti-terroristes, dont la DST. Ces garde-à-vue au long cours permettent aux policiers de recueillir de nombreuses informations. Même si ensuite la culpabilité des suspects n’est ensuite absolument pas prouvée, conduisant à leur libération.


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