lundi 11 décembre 2017

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Le ministre de la défense australien fait le lien entre présence en Irak et besoin en pétrole

Le Monde

vendredi 6 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

Une déclaration du ministre de la défense australien, Brendan Nelson, affirmant que le pétrole irakien est l’une des raisons de la présence militaire australienne en Irak, a provoqué un vif embarras au sein du gouvernement, et relancé les critiques de l’opposition.

Jeudi 5 juillet, s’exprimant en amont d’un discours de politique étrangère que devait prononcer le chef du gouvernement, M. Nelson a expliqué que l’une des priorités de la stratégie de défense australienne était la sécurité énergétique. "Evidemment, le Moyen-Orient, pas seulement l’Irak mais la région entière, est un important fournisseur d’énergie, de pétrole en particulier, pour le reste du monde, a-t-il déclaré. Et les Australiens, et nous tous, devons bien considérer ce qui arriverait en cas de retrait prématuré des troupes en Irak."

C’est la première fois, depuis son engagement en Irak auprès des Etats-Unis, que le gouvernement australien reconnaissait aussi clairement son intérêt pour les ressources énergétiques du pays. Mais la déclaration a été vivement démentie, dans les heures qui ont suivi, par le premier ministre, John Howard.

"LA DÉMOCRATIE ET LA LIBERTÉ"

S’exprimant sur la radio 2GB, M. Howard a répondu : "Nous ne sommes pas là (en Irak) à cause du pétrole, et nous n’y sommes pas allés à cause du pétrole. Nous n’y restons pas à cause du pétrole. La raison pour laquelle nous restons, c’est parce que nous voulons donner au peuple d’Irak la possibilité d’installer la démocratie." Le ministre des finances, Peter Costello, a lui aussi riposté rapidement, en reprenant l’argument démocratique. "Nous nous battons pour quelque chose de beaucoup plus important que le pétrole. La démocratie et la liberté au Moyen-Orient."

Néanmoins, les dénégations du gouvernement peinent à convaincre en Australie, où, selon un sondage publié en février, 68 % de la population serait défavorable au maintien des troupes australiennes en Irak.

Les médias australiens observent par ailleurs que le premier ministre a lui-même reconnu l’intérêt énergétique du pays lors de son discours, jeudi. Sans mentionner directement le pétrole, il a ainsi expliqué que la "demande énergétique" était l’une des raisons pour lesquelles la réussite de la coalition en Irak était importante.

Pour le Parti travailliste d’opposition, le gouvernement continue de tromper la population sur les causes réelles de sa participation militaire. "Quand il s’agit de l’Irak, le gouvernement invente", a réagi Kevin Rudd, le leader travailliste.

En cas de victoire aux élections fédérales cet automne, les travaillistes ont prévu de retirer les quelque 1 500 soldats australiens actuellement en Irak et dans sa région.


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