dimanche 10 décembre 2017

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Terrorisme : Londres craint une attaque aux missiles

Rémi Godeau, le Figaro

samedi 7 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Deux ans après les attentats du 7 juillet, les services de renseignements ont de plus en plus de mal à cerner le profil des islamistes.

DEUX ANS ont passé sans que la menace terroriste diminue. Une semaine à peine après les explosions ratées de Londres et Glasgow, les Britanniques commémorent aujourd’hui le deuxième anniversaire des attentats suicides du 7 juillet 2005. Ce jour-là, quatre kamikazes avaient déclenché des bombes artisanales dans trois rames de métro et dans un bus. Bilan : 56 morts - dont les terroristes - et 700 blessés. Les familles des victimes et les autorités ont souhaité une cérémonie discrète. Il y a un an, la célébration avait été assombrie par la diffusion d’une vidéo posthume dans laquelle un des islamistes tués affirmait : « Ce que vous avez vu n’est qu’un début. »

En deux ans, les services antiterroristes britanniques ont constitué des bases de données sur la mouvance islamiste, procédé à de nombreuses arrestations, interrogé des centaines de suspects, déjoué plusieurs complots. Pourtant, les experts reconnaissent au final la difficulté d’appréhender une menace mouvante. Et tous redoutent l’escalade. Après le 11 Septembre, la grande leçon des attentats du 7 juillet avait été que les terroristes n’étaient pas forcément des étrangers. Musulman au profil ordinaire, Mohamed Sidique Kahn, le cerveau de l’opération, habitait le sud de Leeds.

Il ne fallait pas pour autant en déduire que le danger se résumait à des groupes isolés d’extrémistes ayant grandi en Grande-Bretagne. Les derniers attentats avortés devraient montrer comment plusieurs cellules opérationnelles liées entre elles peuvent se transformer en réseau aux connexions internationales. « Le terrorisme du 7 juillet était suffisamment atroce, mais al-Qaida a importé depuis les tactiques de Bagdad et de Bali dans nos rues, et cela va empirer avant que nous reprenions le dessus », a reconnu John Stevens, ancien chef de Scotland Yard devenu conseiller de Gordon Brown. Même si la tentative a échoué, passer à la voiture piégée est, pour lui, « le signe du nouveau degré de maturité et de sophistication atteint par al-Qaida en Grande-Bretagne ».

Abattre un avion

Après les explosifs à base de peroxyde d’acétone et les véhicules équipés de bombonnes de gaz, quelle sera la prochaine étape ? Gordon Brown a été clair : al-Qaida et ses associés « utiliseront différentes formes de missiles ou d’armes, auront des activités diverses, que ce soient avec des avions ou des voitures pour infliger un maximum de dommages aux civils ». Plus précise, la Jane’s Police Review a révélé que la police britannique avait fait plusieurs repérages dans les friches autour de l’aéroport de Gatwick, près de Londres. Mission : repérer les promontoires à partir desquels un terroriste pourrait abattre un avion au décollage ou à l’atterrissage avec un missile sol-air. Utilisés contre les troupes de la coalition en Afghanistan, ces engins se trouvent sur le marché pour quelques milliers de dollars. « Et nous savons que des terroristes tentent d’en acheter », a reconnu un policier cité par le magazine. Selon lui, ils les utiliseront lors de la prochaine étape.


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