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Lutte antiterroriste : le patron d’Interpol accuse Londres de ne pas coopérer

Le Monde, avec Reuters

dimanche 15 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Les méthodes adoptées par la Grande-Bretagne pour combattre le terrorisme "ne se situent pas dans le bon siècle", affirme le secrétaire général d’Interpol, Ronald Noble, dans une lettre ouverte diffusée lundi 9 juillet sur le site de son organisation. Il accuse Londres de ne pas partager de renseignements sur les terroristes et de ne pas consulter une importante base de données d’Interpol, qui milite pour la coopération policière internationale.

Ses propos risquent d’embarrasser les autorités britanniques, au moment où elles enquêtent sur les attentats déjoués fin juin à Londres et Glasgow, dont les auteurs présumés étaient des activistes islamistes originaires de l’Inde et du Moyen-Orient. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a jugé nécessaire, dans une interview dimanche au Sunday Telegraph, que les renseignements obtenus par un pays sur le recrutement des terroristes soient communiqués à d’autres pays. Le secrétaire général d’Interpol reproche précisément à la Grande-Bretagne de ne pas l’avoir fait.

UTILISATION DE PASSEPORTS VOLÉS

"Le Royaume-Uni risque de laisser lui échapper une piste importante ; un pays consultant Interpol n’obtiendrait pas de renseignements, ou incomplets ; et les individus inscrits sur la liste de terroristes présumés du Royaume-Uni pourraient planifier et perpétrer d’autres attentats terroristes."

Le secrétaire général d’Interpol déplore aussi que les autorités britanniques ne confrontent pas systématiquement les passeports de visiteurs étrangers à une base de données d’Interpol fournissant des détails sur plus de sept millions de passeports perdus ou volés. Alors qu’il existe un "lien évident entre des passeports volés et des activités terroristes liées à Al-Qaida", précise-t-il. Il insiste régulièrement sur le fait que les pays qui ne répriment pas avec détermination les vols de passeports font le jeu des terroristes et des criminels. Et de déplorer que seuls 17 des 186 membres d’Interpol consultent systématiquement sa base de données.

Un porte-parole du Home Office, le ministère de l’intérieur britannique, a réagi en assurant que la Grande-Bretagne coopérait étroitement avec Interpol et que ses services de lutte contre le crime organisé consultaient les bases de données de l’organisation pour le compte de différentes agences de sécurité britanniques.

Ronald K. Noble, secrétaire général d’Interpol, le 15 juin 2006 à Moscou. - AFP/DENIS SINYAKOV


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