lundi 23 octobre 2017

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Affaire Clearstream : le patron de la DST remet toutes les notes de son service à M. Sarkozy

Piotr Smolar, le Monde

jeudi 9 juin 2005, sélectionné par Spyworld

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Nicolas Sarkozy aime pénétrer à l’improviste dans le bureau de son directeur de cabinet, Claude Guéant, quand celui-ci reçoit. Mardi 7 juin, il a ainsi pu satisfaire un désir exprimé dès son retour au ministère de l’intérieur : voir Pierre de Bousquet, le patron de la direction de la surveillance du territoire (DST), pour parler de l’affaire Clearstream (Le Monde du 6 juin).

Prévenant, celui-ci n’était pas venu les mains vides : M. de Bousquet a remis au ministre l’ensemble des documents produits par son service sur ce sujet. Soit les notes transmises à la justice, mais aussi celles qui n’ont pas été déclassifiées et demeurent couvertes par le secret-défense.

"CONFIANCE"

L’affaire Clearstream a pour origine un listing adressé anonymement à la justice, en marge de l’affaire des frégates de Taïwan. M. Sarkozy y était accusé, au même titre que d’autres personnalités, de détenir des comptes occultes à l’étranger, par l’entremise de la société financière luxembourgeoise Clearstream. A l’été 2004, le président de l’UMP avait acquis la conviction que la DST disposait d’éléments susceptibles de le mettre hors de cause.

Les pièces versées depuis à l’instruction semblent confirmer que les policiers ont eu, dès l’origine, de très sérieux doutes sur la réalité du système de financement occulte dénoncé par le ou les corbeaux. "Nous n’avons jamais reçu de consigne ou d’ordre dans cette affaire, assure un proche de M. de Bousquet. On a fait très peu et on n’a certainement pas à en rougir."

Très marqué, selon son entourage, par sa mise en cause publique, le directeur de la DST n’est pas menacé dans ses fonctions. Son remplacement exigerait en effet l’approbation préalable du président de la République. L’apaisement semble aujourd’hui de rigueur. Ainsi, l’entretien impromptu avec Nicolas Sarkozy s’est passé de façon "absolument naturelle et a été même empreint d’une certaine cordialité" , explique-t-on dans l’entourage du ministre, qui a "redit sa confiance" à M. de Bousquet.

L’amertume de Nicolas Sarkozy n’en est pas pour autant réduite. Traits tirés et teint calcaire, le ministre de l’intérieur demeure marqué, physiquement et moralement, par les épreuves personnelles qu’il a traversées ces dernières semaines.

Ses proches se disent toujours persuadés que des personnes aussi malfaisantes qu’influentes ont propagé de concert des rumeurs sur ses difficultés conjugales. Pourtant, leurs soupçons ne se concentrent pas sur des noms précis. "Nous n’avons pas d’indication claire que des fonctionnaires de police ont agi au sein d’une sorte d’officine occulte" , reconnaît-on dans son entourage.

Le renvoi de Gérard Dubois, conseiller pour les relations publiques et la communication auprès de Pierre Mutz, préfet de police de Paris, apparaît donc comme une sorte d’avertissement. "Il fallait leur foutre la trouille" , sourit un responsable policier de haut rang.

Le conseiller de M. Mutz est soupçonné par M. Sarkozy d’avoir servi de "caisse de résonance" aux rumeurs. "Le ricanement serait-il devenu un délit en France ?" , s’interroge-t-on dans l’entourage de M. Dubois. Celui-ci paie également sa longévité à son poste, qu’il occupe depuis 1993. "Il aurait dû partir depuis longtemps" , lâche un membre du cabinet du ministre.


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