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La Russie prépare sa riposte contre la Grande-Bretagne

Alexandre Cèdre, le Figaro

mercredi 18 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Les tensions font suite à l’assassinat au polonium radioactif de l’ancien agent russe Litvinenko à Londres.

OPTIMISTES mais nerveux, les investisseurs britanniques en Russie suivent avec inquiétude les suites de l’affaire Litvinenko. « L’économie russe offre de nombreuses opportunités... Mais nous craignons que, s’il y a une escalade de la crise, cela puisse avoir des effets négatifs sur l’appétit des investisseurs à prendre des risques en Russie ! », reconnaît Steven Behr, de la Royal Bank of Scotland. Il était récemment à Moscou pour une conférence organisée par Renaissance Capital, l’une des principales banques russes. Un rendez-vous annuel permettant aux investisseurs de renouveler leur confiance dans la « Russie qui bouge » : croissance probable de 7 % en 2007 ; et investissements étrangers directs devant s’élever à 40 milliards de dollars cette année.

« La Grande-Bretagne arrive en tête parmi les investisseurs étrangers ! », se félicite Stephen Dalziel, le directeur de la chambre de commerce russo-britannique. L’an passé, ces investissements se sont élevés à 3,3 milliards de dollars, en hausse de 25 % par rapport à 2005. « La croissance devrait être similaire cette année », confie Stephen Dalziel, qui se dit « plus déçu qu’inquiet ». De nouvelles possibles mesures restrictives sur l’octroi de visas pourrait notamment engendrer « lenteurs et irritations... », craint-il.

« Pas de politique »

« Nous essayons de rester optimistes même si nous sommes très dépendants du climat d’affaires », explique Denis Zyouzine, le représentant à Moscou de BMI, la compagnie aérienne britannique qui assure deux allers et retours par jour entre Moscou et Londres. Près des deux tiers de ses passagers sont des hommes d’affaires.

« Mais la politique et l’économie vivent chacun leur vie... », insiste Stephen Dalziel. D’où le « no comment » de Shell hier à Moscou. « Nous exploitons du gaz et du pétrole. Nous ne faisons pas de politique », se contente de déclarer Ivan Chernyakhovskiy, porte-parole de Sakhalin Energy, la société sur l’île d’Extrême-Orient dont la compagnie anglo-néerlandaise est le principal actionnaire étranger. La semaine passée, Shell a annoncé un nouvel accord de coopération avec le groupe pétrolier public russe Rosneft. Et, dans le secteur de la distribution, le géant britannique Kingfisher vient de révéler un investissement de 500 millions de dollars en Russie d’ici dix ans.

Ironie de l’histoire, en juin, Tony Blair, alors premier ministre, avait laissé entendre que si Moscou ne retrouvait pas le chemin de la démocratie, les investisseurs étrangers n’iraient plus en Russie. Pourtant, le week-end suivant, près de 9 000 participants de 65 pays se sont retrouvés au forum économique de Saint-Pétersbourg où ont été signés des accords pour un total de 14 milliards de dollars. Comme d’habitude, les investisseurs britanniques étaient parmi les plus nombreux.


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