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Le renseignement US relie la menace qaediste à la guerre en Irak

Reuters

mercredi 18 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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La menace que représente Al Qaïda pour les Etats-Unis s’est accentuée en raison de l’expérience acquise par les djihadistes en Irak, selon une note de synthèse du renseignement américain rendue publique mardi.

Ce court document de deux pages, extrait d’un rapport remis au président George Bush, constitue la première reconnaissance publique par la communauté américaine du renseignement d’un lien entre la guerre en Irak et une menace à moyen terme contre le sol des Etats-Unis.

La Maison blanche a précisé qu’aucune information crédible ne faisait cependant état d’une attaque imminente contre le territoire américain, et le niveau de l’alerte antiterroriste en vigueur dans le pays n’a pas été corrigé à la hausse.

Des responsables du renseignement ont confirmé que rien ne prouvait que ces cellules qaedistes étaient opérationnelles aux Etats-Unis.

"Mais l’avertissement est clair, et nous le prenons au sérieux", a dit la conseillère de la Maison blanche pour la sécurité intérieure, Frances Townsend.

EXPLOITER LES COMPÉTENCES IRAKIENNES

Le document, travail de synthèse réalisé à partir des informations des seize agences fédérales de renseignement, souligne qu’Al Qaïda devrait probablement essayer d’utiliser l’expérience acquise en Irak par des groupes insurgés associés à la nébuleuse islamiste.

"Nous jugeons qu’Al Qaïda cherchera probablement à se servir des contacts et des moyens d’Al Qaïda en Irak, sa branche associée la plus visible et la plus compétente", peut-on y lire.

Des responsables du renseignement estiment que la menace qaediste s’est accrue ces dernières années à mesure que le réseau à l’origine des attentats du 11 septembre 2001 se regroupait dans les zones isolées du nord-ouest du Pakistan.

Cette nouvelle implantation a permis à la direction du mouvement de reconquérir une partie de ses capacités de commandement largement réduites après le renversement, fin 2001, du régime taliban au pouvoir en Afghanistan qui lui offrait jusque là sa protection.

"DANS UN ENVIRONNEMENT DE MENACE RÉHAUSSÉE"

Le document diffusé par l’administration Bush souligne qu’Al Qaïda reste "la plus sérieuse menace terroriste" pesant contre les Etats-Unis. La communauté américaine du renseignement s’attend à ce que sa direction s’efforce de placer des agents sur le territoire des Etats-Unis et qu’elle continue de projeter des "opérations à impact élevé".

"Par conséquent, nous jugeons que les Etats-Unis se trouvent actuellement dans un environnement de menace rehaussée."

La guerre en Irak, qui en est à sa cinquième année, est considérée de longue date par les responsables américains comme un terrain d’entraînement pour djihadistes. Mais les agences de renseignement estimaient jusqu’à présent improbable que la menace se répande à d’autres pays avant la fin des combats en Irak et le retour chez eux des combattants étrangers qui y luttent contre les forces américaines.

George Bush et plusieurs hauts responsables de son administration ont souligné eux à plusieurs reprises que la guerre en Irak protégeait les Américains en évitant que de nouveaux attentats soient commis sur leur sol.

Présentant la semaine dernière un rapport intermédiaire sur la situation en Irak, le président des Etats-Unis avait du reste démenti que la menace d’Al Qaïda soit redevenue aussi forte qu’avant le 11-Septembre.

LA THÉORIE DU NID DE FRELONS

Le document diffusé mardi semble donc placer la Maison blanche sur la défensive.

Pour les démocrates, majoritaires au Congrès, ce document souligne clairement les échecs de Bush dans sa "guerre contre le terrorisme" et la nécessité pour les Etats-Unis de réduire leur mission en Irak afin de redéployer leurs capacités contre Al Qaïda.

"La stratégie de sécurité nationale de l’administration Bush a échoué dans sa responsabilité la plus fondamentale", a ainsi dénoncé Harry Reid, chef de file de la majorité démocrate au Sénat.

"Donc, nous devrions partir (d’Irak), nous ne devrions pas déranger nos ennemis, où qu’ils soient dans le monde, parce qu’ils pourraient alors s’en servir à des fins de propagande ? Eh bien non, je ne le pense pas", a dit pour sa part Frances Townsend, pressée de question par les journalistes.

"Chaque fois qu’on pousse un nid de frelons, ils reviennent et vous repoussent", a-t-elle ajouté.


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