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La Corée du Nord se dit prête à cesser toutes ses activités nucléaires

Philippe Pons, le Monde

jeudi 19 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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La première journée des pourparlers multilatéraux sur la dénucléarisation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), qui ont repris mercredi 18 juillet à Pékin, a permis aux négociateurs de parvenir à un accord sur la nécessité d’établir un calendrier des mesures qui doivent faire suite à la fermeture de la centrale atomique de Yongbyon.

Quelques heures après que les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) eurent confirmé l’arrêt des installations de la centrale, Pyongyang a proposé de désactiver complètement l’ensemble de ses installations nucléaires dans un délai "de cinq à six mois", a annoncé Chun Yung-woo, négociateur sud-coréen aux pourparlers qui réunissent, dans la capitale chinoise, les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie.

La fermeture de la centrale de Yongbyon, et en particulier de ses installations de retraitement de plutonium qui ont préparé l’essai nucléaire du 9 octobre 2006, était la première étape concrète de mise en oeuvre de l’accord conclu entre les Six en février.

"BEAUCOUP DE TRAVAIL"

Le nouvel engagement de Pyongyang est encourageant, mais reste assez vague. S’agit-il, dans l’esprit des dirigeants nord-coréens, d’un "démantèlement" comme l’entendent les Etats-Unis ou d’une simple "désactivation" (c’est-à-dire un arrêt) ? La seconde phase de l’accord de février prévoit qu’en échange de la désactivation de ses programmes nucléaires et de l’inventaire de ceux-ci, la RPDC obtiendra 950 000 tonnes de fuel lourd (ou l’équivalent sous forme d’assistance).

Jusqu’à présent, la RPDC n’a admis avoir qu’un seul programme nucléaire : celui à base de plutonium poursuivi à la centrale de Yongbyon. Elle a en revanche toujours nié l’existence d’un programme d’enrichissement de l’uranium, avec du matériel et une technologie achetés au Pakistan, que Washington l’accuse d’avoir poursuivi clandestinement. "Nous devons aller bien au-delà de la fermeture de la centrale de Yongbyon si nous voulons avoir une idée des activités nucléaires de la RPDC", a déclaré le directeur de l’AIEA, Mohamed ElBaradei.

Le négociateur américain, Christopher Hill, a qualifié, mercredi, de "bonnes et positives" les discussions engagées à Pékin sans cacher que "beaucoup de travail" attend les négociateurs. Pour Washington, il s’agit de faire la lumière sur l’ensemble des activités nucléaires nord-coréennes et d’obtenir leur démantèlement. Il semble que, dans un premier temps, le régime de Pyongyang soit disposé à arrêter de produire du plutonium - comme en témoigne la fermeture de la centrale de Yongbyon - et à s’engager à ne pas céder les stocks en sa possession à l’étranger. Il vient de se dire prêt à révéler et à désactiver tous ses programmes.

En échange, il va vraisemblablement demander la normalisation de ses relations avec les Etats-Unis, dont le premier acte devra être la levée des sanctions et l’exclusion de la RPDC de la liste des pays soutenant le terrorisme.


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