dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Intelligence économique > L’Europe se penche sur les fonds souverains

L’Europe se penche sur les fonds souverains

Cécile de Corbière, le Figaro

vendredi 20 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Comme le gouvernement allemand, la Commission s’inquiète de l’activité des fonds d’investissement d’États étrangers.

LES INQUIÉTUDES de la chancelière allemande Angela Merkel à l’égard des « fonds souverains » ont trouvé un écho à la Commission européenne. Dès l’automne, Bruxelles devrait examiner de plus près ces fonds étrangers dotés de capitaux publics, comme l’a annoncé hier Charlie McCreevy, le commissaire au Marché intérieur.

Ces fonds sont estimés à près de 2 500 milliards de dollars et peuvent provenir du monde entier. Ce sont les capitaux venus de Chine et de Russie qui attisent particulièrement les craintes. « La question est de savoir si la prise de participation d’un fonds doté de capitaux publics n’est pas liée à la volonté d’exercer une influence politique », s’est interrogée la chancelière Angela Merkel dans le quotidien économique Handelsblatt.

L’Allemagne craint l’arrivée de ces fonds dans des secteurs clés, comme les télécommunications ou les transports. Les Russes de Sistema avaient déjà tenté d’entrer au capital du géant Deutsche Telekom l’année dernière, en vain. La République fédérale réfléchit à de nouveaux moyens de protection contre ces fonds. « D’autres pays ont bien plus d’instruments que nous », a souligné la chancelière en référence à la France et aux États-Unis.

L’Allemagne peu protégée

Actuellement, la législation ne protège que l’armement et l’industrie de défense. La classe politique allemande s’est saisie du dossier et le parti conservateur CDU, dirigé par Angela Merkel, devrait proposer de nouvelles dispositions juridiques dès la rentrée. Toutefois, « cela ne doit pas être confondu avec une limitation générale des investissements », a précisé la chancelière pour qui « cette discussion doit être menée au niveau européen ».

Selon la chancelière, le risque est grand que « chaque pays membre de l’Union européenne ne mette en place sa propre loi », a-t-elle prévenu lors de son discours de clôture au Bundestag. Le porte-parole de Charlie McCreevy a toutefois souligné que « la liberté [des mouvements de capitaux] inscrite dans les traités ne peut pas s’appliquer de manière discriminatoire », entre les fonds publics et privés.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :