lundi 23 octobre 2017

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A Berlin, les intentions sécuritaires de Wolfgang Schäuble heurtent le SPD

Cécile Calla, le Monde

vendredi 20 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Le renforcement de la législation antiterroriste constitue l’un des chantiers du gouvernement allemand de grande coalition. La chancelière allemande Angela Merkel (CDU, chrétiens-démocrates) l’a confirmé lors d’un bilan consacré à l’action gouvernementale, mercredi 18 juillet. Selon le projet de loi préparé par le ministère de l’intérieur et cité par la presse allemande, le président du BKA, la police judiciaire, pourrait obtenir l’autorisation de contrôler des ordinateurs privés pendant une durée de trois mois en cas de menace terroriste.

Mme Merkel espère obtenir un accord avec le partenaire social-démocrate d’ici à l’automne. Mais le SPD est hostile à ce projet et souhaite attendre une décision de la Cour constitutionnelle sur un texte similaire en Rhénanie du Nord-Westphalie. Outre-Rhin, le renforcement des pouvoirs de la police reste un sujet sensible en raison du passé nazi.

La sécurité intérieure donne régulièrement lieu à des tensions au sein de la grande coalition. En multipliant depuis plusieurs mois les propositions en matière de lutte contre le terrorisme, le ministre de l’intérieur, Wolfgang Schäuble (CDU), ancien dauphin de Helmut Kohl et paraplégique depuis un attentat, est devenu la bête noire des sociaux démocrates. Il souhaite, depuis longtemps, permettre à l’armée d’intervenir sur le territoire allemand, ce qui lui est interdit. Le ministre veut également modifier le code pénal de manière à sanctionner les préparatifs d’un complot terroriste tels qu’un séjour dans un camp d’entraînement terroriste, emprisonner préventivement les suspects et leur interdire l’utilisation du téléphone fixe et portable.

Fin mars, M. Schäuble avait inauguré la mise en route d’un fichier antiterroriste qui permet aux services de police et de renseignement d’échanger des informations. Pour le SPD, la CDU-CSU cherche à instrumentaliser en sa faveur le débat sur la sécurité intérieure. Les sociaux-démocrates passent sous silence le fait que le précédent ministre de l’intérieur Otto Schilly (SPD) avait fait adopter une série de lois antiterroristes après le 11 septembre 2001.

La colère du SPD est encore montée d’un cran lorsque le ministre s’est laissé aller à des propos ambivalents sur l’exécution ciblée de terroristes. Pour ces déclarations, le ministre a également récolté les critiques du président de la République fédérale, Horst Köhler, et d’un certain nombre de chrétiens démocrates. "Je n’ai fait que poser des questions", s’est défendu M. Schäuble.

La chancelière a soutenu son ministre en expliquant qu’elle ne distribuait pas des "interdictions de penser" et qu’il était normal qu’un ministre de l’intérieur "réfléchisse aux nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité intérieure". En interne, elle avait néanmoins fait savoir qu’elle s’inquiétait des réactions soulevées par les propos de M. Schäuble. De récents sondages ont montré qu’une majorité d’Allemands s’opposaient aux mesures évoquées par le ministre.


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