lundi 23 octobre 2017

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Des bases russes de défense antimissile apparaîtront-elles en Serbie ?

RIA Novosti

lundi 23 juillet 2007, sélectionné par Spyworld

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Les rapports entre Moscou et l’Occident traversent une crise. Le retrait de la Russie du Traité FCE, l’intention des Etats-Unis d’installer leurs missiles et leurs radars en Pologne et en République tchèque, la "guerre verbale" avec la Grande-Bretagne et, enfin, le conflit à cause du Kosovo. Quelle sera la "réponse adéquate" de la Russie ? Les Izvestia publient les avis de ses commentateurs.

Anatoli Maximov :

"Comment devons-nous réagir à l’attitude injuste envers le Kosovo ? Observer avec résignation le partage d’un pays amical à l’égard de la Russie ? Ou bien résister opiniâtrement ? Ou bien essayer de profiter de la situation ?

En fait, il y a deux damnés de l’Europe : la Serbie à laquelle on enlève le Kosovo et la Russie qui est en train d’être entourée de bases militaires de l’OTAN.

L’Occident nous pousse lui-même dans les bras des Serbes. Et si, au plus fort des débats sur le statut du Kosovo, Moscou propose aux autorités serbes d’installer nos radars ou nos missiles sur leur territoire ? Ce serait une réponse adéquate aux éléments de la défense antimissile américaine en Pologne et en République tchèque ! D’ailleurs, pourquoi les deux peuples frères n’envisageraient-ils pas de conclure une alliance interétatique ?

Il est probablement trop tôt pour parler d’une union au sein d’un Etat. Mais pourquoi ne pas conclure une alliance militaire ?

Pour les Serbes, la perte du Kosovo serait un dur choc psychologique. L’Occident applique méthodiquement une politique antiserbe. Comme c’est déjà arrivé plus d’une fois dans l’histoire, seul un pays frère slave orthodoxe peut défendre les intérêts des Serbes. Dans ce pays, on aime sincèrement les Serbes depuis longtemps".

Maxime Youssine :

"Installer nos missiles et nos radars en Serbie est une idée hardie et originale, mais, hélas, absolument illusoire. Parce que les Serbes ne l’accepteront jamais. Pour Belgrade, cela signifierait la rupture avec l’Occident. Or, les Serbes ne veulent pas rompre avec lui, même malgré l’amputation du Kosovo.

Il vaut mieux tenir compte de la réalité : les autorités serbes poursuivent l’objectif stratégique de s’intégrer aux structures occidentales, non pas à la CEI (Communauté des Etats indépendants), à l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) ou à l’OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective), mais à l’Union européenne, ensuite, peut-être, à l’OTAN.

Les Serbes sont des gens pragmatiques. Ils pensent, avant tout, à leurs propres intérêts. Aujourd’hui, alors que la Russie se bat, en fait, seule pour protéger les Serbes au Conseil de sécurité de l’ONU, ils nous sont reconnaissants. Mais si on leur pose carrément la question : "La Russie ou l’Occident ?", ils choisiront l’Occident.

Le fait est que, pour les pays postcommunistes d’Europe de l’Est, le choix de l’Occident signifie la participation au "club d’élite" qu’est l’UE, le régime sans visa, des milliards d’euros de subventions de Bruxelles.

Notre amour pour les Serbes est réciproque. Mais, malheureusement, les unions ne sont pas toujours des mariages d’amour. Les mariages de raison sont fréquents".

Cet article est tiré de la presse et n’a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


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