samedi 16 décembre 2017

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L’Égypte se place en état d’alerte terroriste

Tangi Salaün, le Figaro

mercredi 1er août 2007, sélectionné par Spyworld

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Les autorités disent craindre des attentats visant l’aéroport et le métro du Caire.

AUX PORTES du musée des Antiquités pharaoniques, au coeur du Caire, la station de métro Sadate est sous haute surveillance. Policiers et maîtres-chiens patrouillent dans les couloirs, contrôlent sacs ou papiers d’identité. Sur les quais, des agents en civil jaugent les passants. Depuis deux semaines et, selon les services de sécurité, en raison d’une série de menaces téléphoniques anonymes, le métro du Caire vit au rythme des craintes d’attentat et des rumeurs aussitôt démenties, comme celle qui faisait état de l’arrestation d’un terroriste libyen. Depuis mercredi, les mesures de sécurité ont aussi été renforcées aux abords de l’aéroport international du Caire, déjà perturbé il y a dix jours par une alerte à la bombe à bord d’un avion d’Egyptair en partance pour Londres.

Les autorités n’ont pas fait état de menace spécifique visant l’aéroport, mais le général Gamal al-Gohary, adjoint du ministre de l’Intérieur chargé de la sécurité aéroportuaire, a justifié cette initiative par l’afflux important de touristes arabes pendant la période estivale. « Il nous fallait prendre des mesures de précaution, surtout après les explosions en Grande-Bretagne et en Algérie, parce que ce sont des groupes, et non des individus, qui mènent ce genre d’attaques », a-t-il affirmé à l’agence officielle Mena.

« Un contexte de psychose »

Au Caire, les commentateurs s’interrogent sur le sérieux de cette menace. Certains remarquent qu’elle est brandie (opportunément ?) alors que le Parlement vient d’achever la rédaction des 25 articles d’une nouvelle loi antiterroriste, destinée à remplacer l’état d’urgence en vigueur depuis 1981. Ce texte controversé donne des pouvoirs étendus à la police, notamment en matière d’écoutes et d’arrestations. « Il n’est pas impossible que les autorités cherchent à créer un contexte de psychose favorable à l’adoption sans heurt de ce texte », confie un connaisseur du dossier. Il y a deux semaines, Le Caire avait aussi annoncé le démantèlement d’un réseau de 35 personnes « proche d’al-Qaida ».

Souvent minimisée par le passé pour préserver le tourisme, première source de revenus du pays, la menace terroriste est une réalité. L’Égypte a été durement frappée depuis trois ans, dans le Sinaï et au Caire. Certes, le mois dernier, les chefs emprisonnés du Djihad islamique ont rompu avec leur ancien émir al-Zawahiri, devenu le bras droit d’Oussama Ben Laden. Ils ont renoncé officiellement à la violence, imitant en cela la Gamaa al-Islamiya, l’autre groupe islamiste armé, responsable du massacre de 58 touristes à Louxor en 1997. Mais, souligne un expert, « cela montre seulement que l’Égypte a désormais moins à s’inquiéter des anciens mouvements terroristes que des nouvelles mouvances djihadistes inspirées par la situation en Irak ou en Palestine ».


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