vendredi 20 octobre 2017

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Les renseignements syriens agissent toujours au Liban

AFP

vendredi 10 juin 2005, sélectionné par Spyworld

Le chef druze et député libanais Walid Joumblatt a affirmé que les services de renseignement syriens agissaient toujours au Liban et averti que que les assassinats y allaient "se poursuivre avec ou sans la connaissance du président syrien Bachar al-Assad".

Dans une interview télévisée jeudi soir à la télévision libanaise LBC, il a accusé l’ex-chef des services de renseignement militaires syriens au Liban, Roustom Ghazalé, d’intervenir dans le processus électoral en cours au pays du Cèdre, ajoutant que ses lieutenants continuaient d’y agir un peu partout.

"Roustom Ghazalé, que la direction syrienne aurait dû jeter en prison, a notamment empêché une alliance électorale entre le député Elie Skaff et le courant Hariri", a dit M. Joumblatt, un pilier de l’opposition anti-syrienne et au chef de l’Etat Emile Lahoud.

"Les Syriens sont partis mais leurs services de renseignement sont restés pour perpétuer leur tutelle et faire peur aux gens", selon lui.

M. Skaff, ex-ministre, conduit une liste opposée à celle du Courant du fils de l’ex-Premier ministre assassiné Rafic Hariri dans la circonscription de Zahlé où doit se dérouler dimanche la troisième et avant-dernière étape des législatives.

Interrogé par l’AFP, M. Skaff a nié avoir rencontré Roustom Ghazalé depuis le départ de ce dernier du Liban, le 26 avril, avec les troupes syriennes.

"Je n’ai pas vu le général Ghazalé depuis son départ et je n’ai eu aucun contact téléphonique avec lui", a affirmé M. Skaff.

Selon des témoins, des officiers des renseignements syriens ont été vus ces deux dernières semaines dans la Békaa et au Liban nord, régions limitrophes de la Syrie.

"Ces officiers, dont certains ont acquis la nationalité libanaise et connus des gens de la région, contactent des maires afin de les pousser à voter et à faire voter pour les candidats proches de Damas", a confié à l’AFP un candidat pro-Hariri qui a requis l’anonymat.

Le journal Al-Mustaqbal appartenant à la famille Hariri a mentionné plusieurs fois l’intervention d’officiers syriens dans le processus électoral.

Jeudi, le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a indiqué que son organisation disposait d’informations selon lesquelles certains éléments des forces syriennes pourraient se trouver toujours au Liban et que le renvoi sur place de la mission de vérification était envisagé.

Selon le chef druze, des officiers de renseignement qu’il a nommément désignés "agissent dans la banlieue de Beyrouth, au nord, dans la Békaa et dans la région du Chouf où ils recueillent des informations sur mes gardes du corps".

M. Joumblatt a surtout averti que les assassinats allaient "se poursuivre (au Liban) avec ou sans la connaissance du président Bachar al-Assad. Je considère que toute l’opposition est visée".

Selon des sources proches du chef druze, M. Assad aurait tenu, lors d’une rencontre il y a deux semaines à Damas avec une personnalité libanaise, des propos "vindicatifs" à l’égard de M. Joumblatt.

A ce propos, l’édition de vendredi du New York Times affirme que Washington possède des "informations crédibles", selon lesquelles les Syriens planifient l’assassinat des personnalités libanaises et que des agents syriens sont retournés au Liban pour créer "une atmosphère d’intimidation".


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