lundi 23 octobre 2017

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Géopolitique : Moscou veut retourner en Méditerranée

Radio-Canada.ca

mardi 7 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Galvanisé par les investissements majeurs promis par le président Poutine pour le réarmement du pays, l’État-major de la marine russe semble de plus en plus nostalgique du temps de la puissance militaire soviétique.

Ainsi, Moscou envisagerait de rétablir sous peu sa présence navale permanente en Méditerranée et lorgnerait même du côté du littoral syrien pour s’installer dans une ancienne base soviétique.

C’est du moins ce qu’a affirmé, vendredi dernier, le commandant en chef de la marine russe, l’amiral Vladimir Mosarine. Si celui-ci semble prôner la création d’un groupe naval permanent dans les eaux de la Méditerranée, il semblerait, selon plusieurs analystes et hauts responsables militaires russes, que Moscou se contenterait plutôt de la présence « régulière » en Méditerranée des bâtiments de ses flottes existantes.

Actuellement, la flotte de guerre russe est techniquement et financièrement incapable d’assurer une présence permanente dans le bassin méditerranéen et, même si les investissements promis par Moscou se concrétisent, il n’en faudrait pas moins de plusieurs années avant que la marine russe ne retrouve qu’un semblant du lustre de l’ère soviétique.

Cependant, comme l’ont souligné plusieurs experts, une présence « régulière » de navires russes à quelques encablures du très sensible littoral proche-oriental permettrait au président Poutine d’y exercer, à peu de frais, un poids géopolitique considérable. Dans ses récentes déclarations, l’amiral Mosarine laisse entrevoir que Moscou désire répondre politiquement à la menace que fait peser Washington sur son territoire national avec son projet de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque.

Israël s’est pour sa part inquiété des informations selon lesquelles les Russes pourraient s’installer dans les environs du port syrien de Tartous, à proximité de la frontière libanaise et à seulement quelques heures de navigation des côtes israéliennes.

Non seulement, en effet, une telle base permettrait d’établir au Proche-Orient une véritable centrale de cueillette de renseignement et d’écoute électronique, une des spécialités des marins russes, mais aussi de couvrir de facto les voisins arabes de l’État hébreu d’éventuelles attaques israéliennes. En effet, il faut s’attendre, si Moscou s’installe à Tartous, à ce qu’il y installe un système de défense antimissile pour protéger ses propres installations, système qui couvrirait aussi une grande partie du territoire syrien.

Au fil des ans, la Syrie a accumulé une dette de plus de 11 milliards de dollars envers la Russie. Cette dette a été réduite récemment de plus de 70 % par Moscou et une bonne partie des 30 % restants pourraient être épongés, selon les experts, en permettant à la flotte russe de s’installer à Tartous.


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