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La Géorgie dit avoir été victime d’un tir de missile russe

Margarita Antidze, Reuters

mardi 7 août 2007, sélectionné par Spyworld

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La Géorgie se déclare victime d’un "acte d’agression" de la part de la Russie, affirmant que deux chasseurs russes ont survolé son territoire la veille au soir et largué un missile guidé à 65 km de la capitale.

La Russie a de son côté démenti que son aviation ait pénétré dans l’espace aérien de son voisin.

L’ambassadeur de Russie à Tbilissi a été convoqué au ministère des Affaires étrangères où une note de protestation lui a été remise.

Le missile n’a pas explosé mais s’est enfoui dans un champ de maïs et de pommes de terre près du village de Tsitelubani, a rapporté un journaliste de Reuters. Un responsable du ministère de l’Intérieur a déclaré que son explosion aurait causé une catastrophe.

Les forces aériennes russes ont affirmé qu’elles n’avaient effectué aucune sortie dans la région et que Tbilissi n’avait fourni aucune preuve de ses allégations.

Le ministre géorgien de l’Intérieur, Vano Merabishvili, a déclaré que les radars avaient repéré lundi soir deux chasseurs "Su-34" provenant de Russie et que l’un d’entre eux avait tiré un missile air-sol.

"Je considère ce fait comme un acte d’agression perpétré par des avions venus du territoire d’un autre Etat", a-t-il dit à Reuters.

A Tsitelubani, un correspondant de Reuters a vu un missile a enfoncé dans un cratère profond d’environ cinq mètres. Des fragments d’ailerons de missiles et d’autres débris, dont certains portaient des inscriptions en cyrillique, avaient été entassés près du cratère.

Certains analystes estiment qu’un conflit avec la Géorgie pourrait faire le jeu de certains éléments qui, au Kremlin, s’efforcent de se placer en position favorable avant l’élection présidentielle de 2008, à l’expiration du mandat du second et en principe dernier mandat de Vladimir Poutine.

ATTISER LES TENSIONS ?

Les autorités russes ont de leur côté accusé dans le passé le gouvernement géorgien d’avoir mis en scène des provocations pour attiser le conflit avec Moscou et détourner l’attention de ses propres défaillances.

Edouard Kokoïty, dirigeant de la région séparatiste géorgienne d’Ossétie du Sud, soutenue par Moscou et située à quelques kilomètres de Ttitelubani, a accusé la Géorgie d’avoir elle-même tiré le missile pour discréditer la Russie.

"Il s’agit d’une provocation bien préparée", a déclaré Kokoïty, cité par son service de presse.

Sur place, des experts du déminage s’activaient en utilisant un véhicule commandé à distance et une excavatrice. Quelques dizaines d’habitants observaient la scène, maintenus à distance par un cordon de police.

"J’étais assis dans mon jardin (...) lorsque j’ai vu un avion dans le ciel", a raconté Ilia Psuturi. J’ai ensuite vu de la fumée s’élever du sol et ce n’est qu’alors que j’ai entendu une explosion. L’avion a ensuite rebroussé chemin".

La Géorgie avait déjà dans le passé accusé la Russie d’une attaque aérienne. En 2002, elle a affirmé que des chasseurs russes avaient bombardé la vallée du Pankissi, le long de la frontière avec la Tchétchénie.

Les relations entre Tbilissi et Moscou sont houleuses depuis l’élection, en 2004, du président pro-occidental Mikhaïl Saakashvili, qui s’est employé à retirer son pays de l’orbite russe.

Elles se sont encore détériorées l’an dernier lorsque Tbilissi a expulsé quatre officiers russes accusés d’espionnage.

Moscou a riposté en rappelant son ambassadeur et en suspendant ses liaisons aériennes, maritimes et postales avec la Géorgie. La Russie a de son côté expulsé plusieurs milliers de Géorgiens présentés comme des immigrés clandestins.

Elle a par ailleurs interdit les importations de vin, d’eau minérale et de fruits géorgiens, sources de revenus importants pour la Géorgie. Les tensions restent vives, mais cette année, certains signes laissaient présager une accalmie de la crise.


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