mardi 17 octobre 2017

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La fusion des services de renseignement français se précise

AP

mercredi 8 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Comment fusionner les deux principaux services de renseignement civils, la Direction de la surveillance du territoire (DST) et la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG), et améliorer la lutte antiterroriste ? Tel est l’un des principaux "devoirs de vacances" de Frédéric Péchenard, le nouveau directeur général de la police nationale (DGPN). Il devrait rendre sa copie fin septembre à la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui a dû relayer au début de l’été cette grande réforme imposée par le président de la République.

Amaigrie et reliftée, la nouvelle direction du renseignement sera dirigée par le préfet Bernard Squarcini, 51 ans. Proche de Nicolas Sarkozy, cet ancien No2 des RG, qui avait été exilé à Marseille en 2004 sous la pression du clan chiraquien, est revenu en force à la mi-juin pour prendre les rênes de la DST mais surtout pour veiller à la concrétisation du projet présidentiel.

"Les structures de la police nationale sont dépassées et les grandes directions issues des années 1960 n’ont pas suivi les évolutions de la société et des mentalités", explique Olivier Damien, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), dans un entretien à l’Associated Press. "Les RG et la DST ont souvent été en concurrence. Aujourd’hui, leur fusion doit permettre d’obtenir un bonus opérationnel, d’éviter les doublons et de réaliser des économies d’échelle".

Les services étrangers, qui jusqu’à présent ne savaient pas trop à qui adresser leurs informations, disposeront désormais d’un interlocuteur unique. Enfin, le ministère de l’Intérieur espère désormais fidéliser des policiers désireux de faire carrière dans le renseignement.

La première étape de ce "rapprochement" a été le regroupement de la DST et de la DCRG dans les locaux modernes d’une ancienne agence de communication à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). "On a découvert que les collègues n’avaient pas des oreilles vertes", ironise un policier des RG. "On a les mêmes bureaux, on se retrouve devant les mêmes machines à café, dans les mêmes ascenseurs, ça rapproche. On se croirait sur une sorte de campus", confie-t-il sous couvert d’anonymat.

Les spécialistes du renseignement y ont été rejoints fin juin par la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), qui garde son autonomie. Ce ménage à trois puis à deux, en principe non concurrentiel, devrait permettre d’améliorer la lutte contre les poseurs de bombes corses, les militants basques de l’ETA ou les islamistes hexagonaux tentés par les sirènes d’Al-Qaïda.

"Si elle fait avant tout du renseignement, la nouvelle entité mènera également des procédures judiciaires préventives", précise un acteur de ce rapprochement. "Rien ne l’empêchera de neutraliser un réseau avant son passage à l’acte".

Depuis le début de l’été, un comité de pilotage se réunit régulièrement au sein de la DGPN et réfléchit aux contours de la nouvelle structure, à son maillage territorial, au nombre de ses personnels (actuellement 1.800 pour la DST, 3.800 pour les RG) et à ses missions. Les RG vont ainsi abandonner l’une de leurs activités phares : le suivi de l’opinion publique et des conflits sociaux en milieu ouvert (contacts avec les syndicats, les responsables associatifs, les élus, etc.).

Interlocuteurs habituels des préfets, ces policiers dépendront désormais de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP). "Nos collègues sont fébriles car la culture RG n’est pas la même que la leur", prévient Patrice Ribeiro, secrétaire national du syndicat Synergie-Officiers. "Certains directeurs départementaux de la sécurité publique (DDSP) se prennent parfois pour des shérifs. Nous veillerons à ce que les anciens des RG ne soient pas affectés à d’autres missions". La sous-direction des courses et jeux aux RG devrait quant à elle grossir les rangs de la police judiciaire.


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