mercredi 18 octobre 2017

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Tir de missile en Géorgie : la Russie dément

Nouvelobs.com, avec AFP

jeudi 9 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Le chef de l’état-major de l’armée russe a qualifié la polémique de "provocation contre la Russie". Tbilissi va demander une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité.

Le chef de l’état-major de l’armée russe, Iouri Balouïevski, a qualifié jeudi 9 août de "provocation contre la Russie" la polémique sur le missile retrouvé en Géorgie, alors que Tbilissi dit avoir les preuves de l’implication des Russes et veut saisir le Conseil de sécurité de l’ONU. "C’est une provocation contre les forces de maintien de la paix et contre la Russie avant la réunion de la Commission mixte", chargés de gérer le problème des séparatistes d’Ossétie du Sud, a déclaré le général Balouïevski cité depuis la Chine par l’agence Ria-Novosti. "Les Géorgiens s’énervent parce qu’ils ont peur d’une décision possible sur l’indépendance du Kosovo qui porte en germe la perte pour la Géorgie (des territoires sécessionnistes, ndlr) d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie", a ajouté le responsable militaire. Les observateurs de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ont confirmé que l’avion ayant tiré le missile en Géorgie lundi soir venait bien "du nord-est" de la Géorgie, c’est-à-dire de Russie selon Tbilissi, d’après un rapport interne communiqué à l’AFP par la diplomatie géorgienne. Mardi, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé "une provocation censée montrer l’inefficacité du maintien de la paix avec la participation des Russes" dans la région séparatiste d’Ossétie du Sud, voisine du lieu de l’impact.

"Ce vol n’a pas eu lieu"

Jeudi matin, le chef de l’état-major de l’armée de l’air, le général Igor Khvorov, a également insisté sur le fait que l’aviation russe n’était pas à l’origine du tir de missile sur la Géorgie. Il a également dénoncé les "conjectures politiques" autour de cette affaire pour laquelle la Géorgie a demandé la saisie du Conseil de sécurité de l’ONU. "C’est assez difficile de commenter ce vol car il n’a pas eu lieu. Le reste n’est que conjecture politique", a déclaré le général Khvorov. "Nous n’avons ni programmé ni réalisé le moindre vol au-dessus du territoire géorgien", a-t-il insisté.

Missile tactique antiradar Raduga Kh-58

La Russie accuse la Géorgie d’avoir elle-même tiré le missile pour justifier une intervention armée dans la république indépendantiste d’Ossétie du Sud. Mais la Géorgie affirme que le missile tombé lundi à une soixantaine de kilomètres de Tbilissi, la capitale, sans exploser ni faire de victimes, est un missile tactique antiradar Raduga Kh-58, de fabrication russe, et que les forces géorgiennes ne disposent pas de missile de ce type, ni d’avion pour les tirer. La Géorgie a annoncé mercredi soir son intention de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU après le tir d’un missile sur son territoire effectué, selon elle, par la Russie, ce que Moscou dément formellement.

Washington qualifie le tir de "provocation"

Les Etats-Unis ont pour leur part qualifié le tir de "provocation". "Il y a déjà eu des attaques dans le passé et quel que soit le responsable de cette attaque, ce type de provocations doit cesser", a déclaré Sean McComarck, le porte-parole du département d’Etat. "Nous avons parlé aux Géorgiens, nous avons parlé aux Russes, à Moscou et ici, et nous sommes en train d’analyser les faits dont nous disposons", a-t-il ajouté. L’Otan a indiqué qu’elle "suit la situation". A Bruxelles, la Commission européenne a appelé les deux pays à "faire preuve de retenue". Le gouvernement allemand n’a pas non plus pris partie. Londres a appelé à une enquête "aussi rapide et minutieuse que possible" et à ce "que toutes les parties possédant des informations coopèrent pleinement et rapidement". De leur côté, les dirigeants des trois pays baltes, anciennes républiques soviétiques comme la Géorgie, ont apporté leur soutien à Tbilissi.


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