vendredi 15 décembre 2017

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Le SCRS se doutait qu’Arar serait déporté pour être torturé

Presse Canadienne

jeudi 9 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Les autorités canadiennes du renseignement se doutaient bien que leurs vis-à-vis américains songeaient à déporter Maher Arar vers un autre pays où il serait torturé, révèlent des extraits de documents rendus publics jeudi.

Ces sections, à l’origine retirées du rapport de l’enquête portant sur les événements entourant l’emprisonnement du Canadien en Syrie où il y a été torturé, font état que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) avait eu vent d’une pratique du FBI et de la CIA.

Dans un rapport présenté le 11 octobre 2002 , un agent du SCRS posté à Washington soulignait que les deux organismes américains de sécurité avaient tendance, lorsqu’ils souhaitaient les interroger « de façon musclée », à remettre les personnes suspectées de terrorisme à des pays qui pratiquent la torture.

Dans une autre note de service en date du 10 octobre 2002, le sous-directeur du SCRS, Jack Hooper, mentionne qu’il croit que « les États-Unis aimeraient envoyer Arar en Jordanie où ils pourraient en faire ce qu’ils veulent ».

Ces documents ont été produits deux jours après la déportation de M. Arar en Jordanie, puis vers la Syrie, où le Canadien d’origine syrienne a passé un an en prison où il a été soumis à la torture. Le rapport souligne qu’à ce moment-là, on ne savait pas où M. Arar se trouvait.

Ces nouvelles révélations surviennent à la suite d’une bataille juridique entre le gouvernement fédéral et la commission d’enquête. Le gouvernement estimait que la divulgation de ces extraits pourrait compromettre la sécurité nationale.

Dans son rapport présenté en septembre 2006, le juge Dennis O’Connor, qui présidait la commission, concluait que les soupçons de terrorisme à l’endroit de l’ingénieur de formation n’étaient pas fondés et qu’ils émanaient de fausses déclarations, notamment de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le rapport du commissaire blâmait aussi les États-Unis pour ne pas avoir tenu compte des protestations de M. Arar et, surtout, pour ne pas avoir avisé correctement les autorités canadiennes de la situation avant de procéder à la déportation.


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