dimanche 17 décembre 2017

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GRC : le nouveau commissaire impliqué dans l’affaire Arar

Presse Canadienne

dimanche 12 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Le nouveau commissaire de la GRC a fait partie d’un groupe secret de fonctionnaires qui a censuré le rapport sur le dossier de Maher Arar, a rapporté le Globe and Mail samedi.

William Elliott a toutefois précisé vendredi lors de la cérémonie de passation de commandement de la GRC que la décision finale avait été prise par le gouvernement.

Ces événements sont survenus alors que M. Elliott était sous-ministre délégué au ministre de la Sécurité publique Stockwell Day.

Le gouvernement s’était éloigné de la tradition en nommant M. Elliott, un civil, à la tête de la GRC. Ottawa souhaitait ainsi distancer la force policière de récentes controverses qui ont mené à la démission de l’ancien commissaire Giuliano Zaccardelli.

M. Ellott, qui a assisté à la cérémonie en habit civil, a soutenu que plusieurs améliorations avaient déjà été mises en place, mais qu’il restait du travail à accomplir.

Des portions précédemment censurées du rapport sur l’affaire Maher Arar ont été rendues publiques jeudi.

Ces documents révélaient notamment que des agents de la GRC avaient fourni de faux renseignements à un juge afin d’obtenir un mandat en plus d’avoir entretenu des liens problématiques avec les services militaires de renseignement syrien et l’Agence centrale de renseignement américaine (CIA).

« Nous avons appris plusieurs leçons, a déclaré le nouveau commissaire. C’est pourquoi nous avons établi des politiques plus rigoureuses et des procédures de contrôle plus rigoureuses quant au partage de renseignements. »

Plusieurs observateurs ont critiqué la décision de haut-fonctionnaires canadiens non-identifiés de censurer certaines parties du rapport.

« Maintenant que nous savons ce qu’on essaie de supprimer, c’est évidemment inquiétant qu’une personne qui est maintenant responsable à la GRC a eu une vision si limitée du droit du public de connaître les erreurs commises par la force », a déploré Lorne Waldman, un avocat de M. Arar.

Le chef néo-démocrate a pour sa part soutenu que le fait que le nouveau commissaire de la GRC a été impliqué dans le processus lui compliquera la tâche quand il voudra démontrer que la force policière entre dans une nouvelle ère.

Le chef libéral Stéphane Dion s’est dit plus préoccupé par la décision des ministres dans le dossier que par M. Elliott.

Un porte-parole de M. Day a indiqué que des hauts fonctionnaires de différents ministères avaient pris la décision de censurer certains passages avant que le gouvernement n’approuve les recommandations.

Certains experts en sécurité ont expliqué que les passages avaient été censurés parce qu’ils contenaient des renseignements étrangers. Afin de ne pas perdre la confiance de ses partenaires, le Canada refuse généralement de révéler les renseignements qui lui sont donnés par des sources étrangères et même de révéler l’identité de ces sources.

William Elliott et le ministre de la Sécurité publique Stockwell Day. - Photo Reuters


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