mardi 12 décembre 2017

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La saison des attentats a commencé en Russie

Alexandre Cèdre, le Figaro

mercredi 15 août 2007, sélectionné par Spyworld

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À sept mois de l’élection présidentielle, une bombe artisanale a explosé dans le train Moscou-Saint-Pétersbourg. L’extrême droite est soupçonnée, mais la piste nord-caucasienne n’est pas écartée.

L’ATTENTAT contre un train Moscou-Saint-Pétersbourg dans la nuit de lundi à mardi a réveillé le spectre des attaques terroristes en Russie. « La menace extrémiste et le terrorisme ne sont pas encore éradiqués », a prévenu hier le chef des services secrets russes, Nikolaï Patrouchev, peu après qu’une bombe artisanale ait provoqué le déraillement du Nevskii Express. Quelque 230 passagers et une trentaine d’employés se trouvaient à bord de ce train lorsque, après le passage d’un pont, une forte explosion a renversé plusieurs wagons. Une soixantaine de personnes ont été blessées, dont trois se trouvent dans un état grave.

Le parquet russe n’a pas tardé à ouvrir une enquête criminelle pour acte de terrorisme. Le train Moscou-Saint-Pétersbourg a une valeur hautement symbolique : c’est l’une des lignes les plus fréquentées en Russie. Près des rails, la bombe, qui contenait près de deux kilos de substances explosives, a formé un cratère d’environ deux mètres de diamètre, près duquel ont été retrouvés matériels métalliques et fils électriques. Il s’agit d’un système de commande à distance similaire à celui utilisé en juin 2005 dans l’explosion d’un train Grozny-Moscou. Selon un enquêteur cité par l’agence Interfax, l’explosif est aussi le même que dans cet attentat pour lequel deux nationalistes russes ont depuis été condamnés. L’extrême droite est également soupçonnée d’être derrière l’attentat à la bombe sur un marché de Moscou l’été dernier.

« Nouvelle génération de combattants »

Si aucune autre piste n’est pour le moment écartée, notamment la possibilité d’une action qui aurait visé un passager en particulier, le patron des services secrets n’a pas hésité à établir un lien entre cet attentat et les mouvements dans le Caucase du Nord, une région au coeur de laquelle se trouve la Tchétchénie et qui, officiellement, est pourtant en cours de « normalisation ». « Des attaques armées dirigées contre les responsables politiques, de l’ordre public et du système judiciaire, se sont multipliées ces deux derniers mois dans certaines républiques du Caucase du Nord », a ainsi insisté Nikolaï Patrouchev.

« La piste du Caucase du Nord n’est bien sûr pas à exclure. Dans ce cas, cet attentat pourrait être le premier d’une série », reconnaît Alexeï Malashenko, expert du centre Carnegie à Moscou. « D’autant plus que la Russie est à la veille d’élections : législatives en décembre puis présidentielle en mars. Il n’y a pas eu d’attentats tchétchènes en deux ans. Mais, depuis, une nouvelle génération de combattants est apparue. Ils pourraient vouloir profiter de ces échéances électorales pour montrer à Moscou qu’il reste des rebelles en Tchétchénie comme dans les républiques voisines du Daghestan et d’Ingouchie... » Les séparatistes tchétchènes ont déjà eu recours au plasticage de trains, mais leur dernière attaque remonte à août 2004.


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