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Selon des documents secrets, Islamad inquiète Washington depuis longtemps

AP

vendredi 17 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Des documents des services de renseignement américains, qui viennent d’être rendus publics, révèlent à quel point Washington s’inquiétait du soutien du Pakistan au régime des talibans plusieurs années avant les attentats du 11 septembre 2001. Un soutien qui prenait la forme de fonds, d’armes et même de troupes combattantes.

Ils montrent aussi la frustration croissante des autorités américaines sur ce qu’elles qualifiaient de « résistance et/ou duplicité » d’Islamabad concernant les demandes d’aide répétées de Washington pour que les talibans livrent Oussama ben Laden. Un haut responsable américain avançait même qu’il fallait envisager de traîner le Pakistan devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Les documents, dévoilés dans le cadre du « Freedom of Information Act » (FOIA, loi sur la liberté d’information) à la demande des archives de Sécurité nationale de l’université George-Washington, ajoutent des détails à ce qui était déjà généralement connu s’agissant des données dont disposaient les États-Unis sur les liens du Pakistan avec les talibans, au moment où ces derniers arrivaient au pouvoir en Afghanistan au milieu des années 1990.

Les câbles et les lettres échangés entre de hauts responsables américains, la plupart classés « confidentiels », présentent ces préoccupations dans un langage dépouillé des subtilités diplomatiques.

Trente-quatre des 35 documents rendus publics ont trait à la période comprise entre décembre 1994 et septembre 2000. Des détails sensibles, notamment ce qui semble être des noms, ont toutefois été effacés en plusieurs endroits.

On y apprend que, dès le début de 1994, les autorités américaines croyaient que les services de renseignement pakistanais étaient proches des talibans, quand ces derniers ont pris cette année-là le contrôle de la ville de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan. C’était la première victoire majeure de la milice religieuse, qui était jusqu’alors peu connue. Elle allait finalement s’emparer de Kaboul en septembre 1996, puis de presque tout l’Afghanistan à la mi-1997.

Réagissant à la publication de ces nouveaux documents, la porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tasnim Aslam, a réitéré de précédents démentis d’Islamabad, assurant que son pays n’avait jamais apporté de soutien militaire aux talibans. Elle a aussi réfuté l’information selon laquelle le Pakistan aurait ignoré les requêtes américaines pour qu’il use de son influence pour persuader les talibans de livrer Ben Laden.

En 1996, les responsables du renseignement américains ont conclu que leurs homologues pakistanais étaient plus proches des talibans que ce qu’avaient dit les autorités pakistanaises aux diplomates américains. Un câble adressé le 22 octobre à Washington affirmait notamment que ces services fournissaient de la nourriture et du carburant aux miliciens fondamentalistes.

Deux semaines plus tard, un autre câble à Washington assurait que des gardes-frontières pakistanais étaient « utilisés pour le commandement, le contrôle, l’entraînement et, si nécessaire, pour les combats » en Afghanistan. Ces « Frontier Corps » étaient composés essentiellement de Pachtounes, ethnie à laquelle appartiennent la majorité des talibans.

Tasnim Aslam a démenti les informations contenues dans le câble. « C’est absolument sans fondement. Nos troupes n’ont jamais été engagées à l’intérieur de l’Afghanistan », a-t-elle soutenu.

« À une époque, tout le monde les soutenait (les talibans) parce qu’après la guerre civile, tout le monde pensait que cela apporterait la stabilité et la paix en Afghanistan, et qu’ils pourraient unifier la nation », a-t-elle ajouté.

Le Pakistan a reconnu diplomatiquement le régime taliban en mai 1997. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis ont ensuite fait de même.

Ben Laden s’est rendu en Afghanistan avant l’arrivée au pouvoir des talibans, après avoir dû quitter le Soudan en raison des pressions diplomatiques qu’il subissait. Il a alors commencé à mettre en place des camps d’entraînement terroristes.


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