mardi 24 octobre 2017

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Les engins explosifs improvisés en quatre questions

André Duchesne, la Presse

lundi 20 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Q : Comment les EEI sont-ils fabriqués ?

R : Les talibans utilisent tous les matériaux explosifs qui leur tombent sous la main. Il s’agit parfois de grenades mais, plus souvent, ce sont des pièces non militaires. On y trouve parfois des matières toxiques ou chimiques, parfois du pétrole. Pour les faire exploser au moment voulu, les insurgés bricolent une télécommande avec un téléphone cellulaire ou un émetteur pour ouvrir une porte de garage.

Q : Mais où les insurgés s’approvisionnent-ils ?

R : En Afghanistan, ils ont accès à des caches d’armes, dont certaines dateraient de l’époque où les Afghans luttaient contre les forces soviétiques. Ils s’approvisionnent aussi dans les montagnes à la frontière du Pakistan, où leurs alliés intégristes leurs fournissent armes, provisions et refuge.

Q : Pourquoi les EEI sont-ils difficiles à détecter ?

R : Les EEI sont souvent enterrés et camouflés pour se fondre dans l’environnement. Les insurgés leur donnent par exemple l’apparence d’un rocher ou les dissimulent dans une vieille cannette de boisson gazeuse.

Q : Comment les soldats peuvent-ils se protéger ?

R : Il n’y a pas de recette miracle : les insurgés s’adaptent et modifient constamment leurs tactiques. D’après le brigadier-général Guy Laroche, commandant de la mission canadienne, les soldats doivent faire la même chose en changeant leurs itinéraires et leurs techniques.

Les forces occidentales tentent aussi d’améliorer leur équipement. L’armée canadienne utilise par exemple des véhicules NG-31 Nyala, dont le châssis en V est censé faire dévier le choc vers l’extérieur au lieu de l’absorber. Malgré tout, l’explosion de deux de ces chars a tué sept soldats au cours des 11 derniers mois.

L’armée canadienne a déboursé près de 30 millions pour acheter 16 nouveaux véhicules à l’armée américaine, qu’elle recevra d’ici le mois de décembre. Les nouveaux Husky, Buffalo et Cougar se déplaceront en chaîne afin de sécuriser la route pour les convois en détectant et en neutralisant mines et EEI enfouis dans le sol.

L’armée américaine compte pour sa part sur un nouveau type de véhicule antimines, le Mine Resistant Ambush Protected. Elle déboursera 25 milliards pour acquérir 22 000 de ces engins. Les Américains souhaitent en envoyer 1200 par mois en Irak, mais l’industrie pourrait être incapable d’en fabriquer plus de 900 par mois.

Bilan des morts dus aux EEI

Depuis février 2002, presque la moitié des soldats canadiens tués en Afghanistan ont perdu la vie à la suite de la détonation d’un engin explosif improvisé, soit 29 sur 67.

Date / Victimes / Type de véhicule

19 août 2007 / 1 soldat / Véhicule blindé léger ou VBL

4 juillet 2007 / 6 soldats / RG-31 Nyala (7,5 tonnes)

20 juin 2007 / 3 soldats / M-Gator (non blindé)

11 juin 2007 / 1 soldat / Coyote

25 mai 2007 / 1 soldat / Patrouille à pied

11 avril 2007 / 2 soldats / Coyote

8 avril 2007 / 6 soldats / VBL III

7 octobre 2006 / 1 soldat / RG-31 Nyala (7,5 tonnes)

29 septembre 2006 / 1 soldat / Patrouille à pied

3 août 2006 / 1 soldat / VBL III

22 avril 2006 / 4 soldats / G-Wagon

2 octobre 2003 / 2 soldats / Iltis (non blindé)

En Irak, c’est la même chose : 1459 des 3611 soldats américains qui y avaient été tués en date de la mi-juillet sont morts à la suite de l’explosion d’un EEI, dont 354 pour la seule année 2007.

Au moins 77 soldats d’autres nations ont aussi péri sous ces bombes improvisées.

Sources : ministère de la Défense du Canada et département de la Défense des États-Unis


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